‹ Poésies: Iambes et poèmesChapitre 63 sur 80 · L.V FEMME · texte numérisé non relu

L.V FEMME

Pleurez, criez, enfants dont la misère

De si bonne heure a ployé les genoux.

Pleurez, criez : les animaux sur terre

Les plus soumis à l'humaine colère

Ne sont jamais si malheureux que nous.

La vache pleine et dont le terme arrive

Reste à l'étable et, sans labeur nouveau.

Tranquillement sur une couche oisive,

Va déposer son pénible fardeau ;

Et moi, malgré le poids de mes mamelles.

Mes flancs durcis, mes douleurs maternelles,

Je ne dois pas m'arrèter un instant :

Il faut toujours travailler comme avant,

Vivre au milieu des machines cruelles,

Monter, descendre et risquer en passant

De voir broyer par leurs dures ferrailles, L'œuvre de Dieu dans mes jeunes entrailles !

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