‹ Poésies inéditesChapitre 1 sur 82 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

'^S^^ ^ ''vre est du plus grand intérêt X pour l'histoire littéraire. Remercions la main pieuse qui l'a recueilli : elle a préparé des éléments indispensables au portrait du plus beau génie de notre temps. Rien ne manquerait sans doute à la gloire du maître si ces fragments étaient restés inconnus; mais il manquerait beaucoup à l'instruction des critiques et beaucoup à nos jouissances.

Outre des nouveautés charmantes, nous trouvons dans ces pages inédites l'abrégé le

II PREFACi:.

plus exact de la grande œuvre que nous connaissions. Le poète s'y montre sous ses faces les plus diverses, et ce recueil suffirait pour nous révéler la nature de son esprit et pour marquer sa place.

Le volume s'ouvre par deux traî^édies écrites en 1813, pendant la première jeunesse de l'auteur. C'est un tribut payé au goût du temps. Le génie le plus original ne peut soustraire aux influences régnantes ses premiers coups d'aile; mais son essor l'emporte bien vite au-dessus des courants inférieurs.

La Médée de Lamartine, oubliée de lui et retrouvée par hasard, vaut certainement comme conception la foule des Médéês qu'on a mises au théâtre. Comme style et comme langue poétique, elle révèle déjà l'écrivain supérieur. Tandis que les tragiques du premier Empire copient et affadissent les vers déjà si prosaïques et si décolorés des pièces de Voltaire, le noble instinct du jeune débutant le porte vers un meilleur modèle. Destiné, quand il aura trouvé sa voie, à devenir par l'incomparable mélodie de son style l'heureux rival de Racine» il s'attache à lui dès ses premiers pas. C'est là surtout ce qui nous frappe et nous instruit dans la Mc'dcé»

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