‹ Poésies inéditesChapitre 2 sur 82 · PREFACE. III · texte numérisé non relu

PREFACE. III

Zoraide, sujet d'invention et dont nous n'avons que deux actes écrits à la même époque, nous paraît inférieure. Quelques souvenirs de Zaire et de Mahomet, qu'écartait un sujet grec comme Médc'e, se font sentir dans les idées et dans le style de Zoraide; la pièce n'y gagne en aucune façon.

L'admirable fragment de l'épopée du Chevalier, qui resplendit à côté de ces essais de tragédie, nous montre ce que devient le génie du poète quand il a trouvé sa sphère propre, et qu'il s'y déploie librement. La vigueur, l'originalité, le belle couleur de ce morceau, ne tiennent pas seulement à la virilité d'un esprit plus mûr, à la justesse, à l'élévation supérieure de ses points de vue; elles tiennent aussi beaucoup au genre de poésie plus approprié à sa vocation, dans lequel il se meut sans entrave et sans guide, comme le souverain créateur des régions qu'il va parcourir.

Lamartine n'est pas un poète dramatique, il est quelque chose de plus.

La nature d'esprit, les qualités d'âme nécessaires pour imaginer un ensemble de poèmes comme Les Visions excluent le génie du théâtre. L'épopée telle qu'on la concevait jadis, celle d'HoiTjère et de Virgile, du Tasse et du

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