‹ Poésies inéditesChapitre 11 sur 82 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

critique que le maître exerçait irop rarement.

II serait difficile de donner aux lecteurs et aux auteurs d'aujourd'hui une idée exacte de ce que fut Lamartine pour la société dans laquelle il apparut, il y a un demi-siècle et pendant les vin.q;t années de splendeur intellectuelle qui ont marqué les derniers rè;5nes des Bourbons. Ceux-là seuls pourront nous comprendre f|ui ont vu, comme nous, la fin de cette brillante période et qui se sont ouverts à la vie de l'esprit sous l'influence encore dominante des poètes et des orateurs «le ce temps.

On admire à présent par-dessus tout l'adresse mécanique des prosateurs et des rimeurs, la force de leur tempérament, l'habileté avec laquelle ils reproduisent pour le toucher et pour la vue les détails de la nature matérielle, la surexcitation contagieuse de leurs nerfs et l'ivresse d'alcool que leurs tableaux communiquent à nos sens. Au lieu de la peinture du monde idéal on ne retrouve plus dans les œuvres d'ima.:5ination que la photographie coloriée des réalités les plus basses. Un des témoignages les plus innocents de celte importance exclusive donnée à la forme aux dépens de la pensée, à la nature aux «tépens de l'esprit.

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