XVI PREFACE
qu'ils nous dressent à tous les nobles combats de l'esprit et à l'exercice des vertus difificiles.
Lamartine fait pour nous quelque chose de |>!us, et c'est là ce que j'appelle sa magie. Il nous prend sur ses ailes; il nous enlève à des hauteurs où plus rien de grossier, de vulgaire, de médiocre n'apparait à nos regards. Durant ce voyage, il transforme dans le divin toutes les choses à l'usage de notre âme et cette âme elle-même. L'amour, quand il s'exprime dans l'incomparable mélodie de ses vers, n'est plus seulement un bonheur, il devient une vertu.
Un simple regard jeté par le poète sur la nature s'accompagne d'un essor de l'âme tout entière vers le Créateur. Ses moindres études de paysage sont des esquisses du monde invisible.
Chacune des promenades que nous faisons avec lui dans les forêts ou sur les grèves est une contemplation et une prière. II n'a pas besoin de dogmatiser comme certains rimeurs qui prétendent avoir charge drames; il nous saisit d'une main irrésistible, nous arrache à nous-mêmes et à la terre, nous enlève à travers les sphères en un ravissement continu, et nous précipie dans le sein de Dieu.