‹ Poésies inéditesChapitre 15 sur 82 · PREFACE. XIX · texte numérisé non relu

PREFACE. XIX

Le sens critique devient avec les années plus susceptible et plus chagrin. Qi^iand on vieillit, le plaisir de lire naïvement s'évanouit f|uelquefois dans Thabitude et le besoin de juger. La poésie de Lamartine est la seule que nous relisions encore avec notre âme de la vingtième année. Il semble qu'elle nous communique son éternelle jeunesse. L'incomparable musique de ce vers endort la critique comme la lyre d'Orphée endormait les gardiens et les juges infernaux. Mais cette ivresse est aussi bienfaisante que d'autres sont délétères. L'âme s'en réveille fortifiée et rajeunie, purifiée dans ses amours, agrandie dans ses conceptions, plus ardente et plus vive dans son essor vers l'infini.

Les illusions mêmes que le poète a fait naître ont été des bienfaits. Malheureux qui ne les a pas un moment partagées! Lamartine a traversé la politique comme une aurore pleme (le promesses. Les espérances de paix, de liberté, de fraternité, qui ont fasciné la France et l'EiH'ope pendant quelques jours de ce siècle, se rattachent à son nom. Est-ce par sa faute qu'elles se sont si vite évanouies?

Il a porlé dans loules ses aspirations sociales In hauleur et In douceur tic ses vers, il fut

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