I PHI SE
J'étais chez la princesse, Madame, et lui peignais votre juste tristesse: Déj.\ même son cœur paraissait s'attendrir Par des pleurs que ses yeux ne pouvaient retenir; Je lisais les combats de son âme flottante, Je voyais dans son cœur la pitié triomphante, J'.ivais vaincu, peut-être, en ce fatal moment, Qpand Jason est entré dans son appartement :
Sou front ne paraissait couvert d'aucun nuage, L'espérance et l'amour brillaient sur son visage; Il tenait par la main. Madame, ses deux fils, De votre hymen, hélas! chers et malheureux fruits. Trop jeunes pour sentir le coup qui les accable. Tous deux en me voyant, pleins d'une joie aimable. Madame, entre mes bras sont venus se cacher.
Et leurs yeux inquiets paraissaient vous chercher. Mais lui, les rappelant aux pieds de la princesse:
Pardonnez, a-t-il dit, à leur tendre jeunesse. Recevez-les, Madame, et que leurs jeunes ans S'élèvent à l'abri de vos soins complaisants! Puissent-ils ignorer quel sang les a fait naître! '
Ciel ! cette horreur encor me restait à connaître !
IPHISE.
La princesse, à ces mots, dans ses bras les a pris, Et ses larmes. Madame, ont coulé sur vos fils. Elle leur prodiguait ses plus vives tendresses. Mais leurs bras iunocents repoussaient ses caresses; Les plus tendres baisers semblaient les effrayer Et redoublaient leurs pleurs qu'on voulait essuyer.
Ah I périssent cent fois et les fils et la mère Avant que l'on m'enlève... O ciel! voici leur père!
SCÉC^E II