‹ Poésies inéditesChapitre 61 sur 82 · A M"-»^ FANNY DE V · texte numérisé non relu

A M"-»^ FANNY DE V

Est deus in iwhis.

1 OL'RQUOi de ces yeux humides.

Remplis des traits de l'amour, Partent ces éclairs rapides, Plus purs que les feux du jour?

Pourquoi ce cœur qui palpite?

Pourquoi ce sein qui s'agite?

Où vont ces vagues soupirs?

Qjuel souffle sacré dénoue Ces cheveux qui sur sa joue S'abandonnent aux zéphirs?

2)8 POKSlliS INÉDITES.

Donnez, donnez-moi, dit-elle, La palette et les crayons; Le feu dont brûlait Apellc M'échauffe de ses rayons.

Soudain sa main créatrice Se livre au fougueux caprice De l'instinct qui la conduit, Et sous sa touche brillante.

Ce que son génie enfante, Son pinceau le reproduit.

Où suis-je? Quels frais bocages i Est-ce Arcadic ou Tempe?

Sur ces riants paysages J'arrête mon œil trompé. Égaré dans ce bois sombre, Je sens la fraîcheur de l'ombre Qui tremble sous ces rameaux; J'entends la chute bruyante De la cascade ccumante Dont le soleil peint les eaux.

Mais quoil la nature entière Change d'aspect à mes yeux :

Un nuage de poussière Cache la terre et les cieux; D'éclairs pâles et livides Le choc des fers homicides Sillonne l'obscurité; Le sang colore les armes,

Et mon œil, mouillé de larmes, Se détourne épouvanté.

Comment, d*un vol si rapide.

Peux-tu passer sans effort Des riants jardins d*Ârmidc Au théâtre deja mort?

Telle, en son miroir mobile, Une onde claire et tranquille Nous peint, en suivant son cours, Tantôt des scènes guerrières, Tantôt des jeunes bergères Les danses et les amours.

C*est là Theureux caractère De ces esprits créateurs Qui d*une étude vulgaire Méconnaissent les lenteurs.

La verve qui les inspire De son facile délire Toujours te verse les feux, Et pour la beauté timide Qu'elle enflamme et qu'elle guide Les miracles sont des jeux.

Ainsi d'une aile légère,

La jeune et folâtre Iris,

D'un seul pied touchant la terre.

S'élance aux divins lambris.

En se jouant dans l'espace,

26o POÉSIES INÊDITnS.

Elle y nuance la trace Où se peint son vague essor, Et, déployant sa ceinture, Enveloppe la nature D'un voile d*azur et d'or.

Milh, Hcvemhe iSiy

Page 1