‹ Poésies inéditesChapitre 68 sur 82 · A IDA · texte numérisé non relu

A IDA

CsT-iL une langue pareille A celle qui cliarnie nos sens.

Quand de tes suaves accents Ta voix enivre niûta oreille ?

A Tamour prêta-t-on jamais Plus de délire ou plus de charmes , A la passion plus de larmes, A la Tokipté plus d*attraits ?

* Madame la comtesse Ida de Bombcllcs. (Voyez Harmouia, livre II, 4. CommcrétaircO

POliSIES DIVERSES. 279

Je 4jsais... Dans un long silence S'éteignent ses divins accords, Et, pleine de divins transports, Ida sur la scène s*élance.

Le voile de ses blonds cheveux Roule en désordre sur sa joue.

Mais son beau front, qui les secoue.

Loin d'elle en rejette les nœuds.

Son haleine abaisse et' soulève Un sein qui palpite d'amour, Et vers le céleste séjour Sa paufrière humide s'élève.

Ses bras tombent sans mouvement.

Ses doigts amollis s'entrelacent.

Et sur ses genoux qui s'effacent Son corps fléchit languîssamment.

Le désespoir de Madeleine Sur ses traits semble respirer ; Elle pleure, tout va pleurer...

Mais un geste a changé la scène.

Ses bras arrondis en berceau Se recourbent vers sa poitrine.

Son front chargé d'amour s'incline Pour contempler son doux fardeau :

28o POÉSIES ikjI^dites.

Cest la Vierge dont Toeil admire Sur son sein son fils endormi ; Sa lèvre sourit à demi Aux lèvres qu'elle voit sourire.

De ses traits la chaste candeur Nous révèle un divin mystère :

Cest la passion d'une mère, D'une vierge c'est la pudeur.

Adorez !,.. Mais non, plus rapide due l'œil sur sa trace emporté, C'est la mère de la beauté Qui triomphe anx bosquets de Gnide !

f UYONS, mon âme, au fond ^s solitudes.

Fuyons ce monde infidèle ou pen'ers,

Et secouons, au seuil de ces déserts,

Espoir, amour, désirs, inquiétudes,

Poussière, hélas ! dont nos pieds sont couverts !

Voici des bois, des rochers et des plages Que la nature a formés de ses mains I Les seuls torrents ont creusé ces chemins, L'écume seule aborde ces rivages Q.UÇ n'ont jamais foulés des pieds humains !

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Là, cherche enfin ton repos en toi-même.

De ton bonheur les songes furent courts !

Loin de ces bords chasse-les pour toujours ; N*aime plus rien que ce doux ciel qui t'aime. Au soleil seul demande tes beaux jours l

Au cœur blessé la nature est si douce î La solitude est la part du malheur.

Déjà le calme est rentré dans mon cœur.

Déjà ma vie a repris sans secousse Son cours qu'avait suspendu la douleur !

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