‹ Poésies inéditesChapitre 69 sur 82 · A LA CROIX · texte numérisé non relu

A LA CROIX

v^uAND tu viendras sur les nuages, Au jour que ton père a promis, Juger les peuples et les âges, Tous dans leur poussière endormis.

Que ce cri conjure ta foudre I Avant de frapper ou d'absoudre, De mes paroles souviens-toi I Du siècle où ma cendre repose, O Christ, sépare bien ma cause I due chacun réponde pour soi I

Je fus homme : insecte éphémère, Pétri de misère et d'orgueil.

Pécheur dès le sein de ma mère, Et chancelant jusqu'au cercueil ; Entre la lumière et le doute Perdant et retrouvant ma route.

Incertain de ce que je crois, Comme Tapôtre sans mémoire, Reniant mon maître au prétoire.

Et le confessant sur la croix I

Mais cet être, honteux mélange De splendeur et d'obscurité.

N'étouffa jamais dans la fange Son levain d'immortalité.

Je ne sais quel instinct céleste, Dernière étincelle qui reste Qiiand la vertu s'éteint en nous, Vivait en moi malgré moi-même.

Comme cette lampe suprême Que gardait la vierge à l'époux.

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