XI H
Souffle de mon printemps, mélodieux génie, Q.ui n'étais dans mon sein qu'amour et qu'harmonie^ Je te rends grâce ici d'être encor descendu . Sur mon luth négligé que l'âge a détendu!
Jamais l'aile de feu de ton divin délire D'un vol plus embaumé n'a. caressé ma lyre; Jamais l'écho des vers que ta voix m'a dictés N'a résonné plus juste à mes sens enchantés!
Hélas I depuis longtemps ta grâce m'abandonne I Tu fuis vers d'autres fronts, et mon coeur te pardonne. Le cygne harnionieux, dont les tendres accords Des fleuves paternels font retentir les bords, Abandonne de même à leur triste silence Les eaux dont un long cours ternit la transparence Ou le fleuve orageux, prodigue de ses flots, Qiil se brise en écume et trouble ses échos;
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Mais, remontant aux lieux où Tonde a sa descente,
Il cherche un lit paisible, et la source naissante.
Et le lac étendant son flot brillant et pur
Où son vol réfléchi se double dans Tazur.
Mais, quoique un front plus jeune ait des faveurs plus chères,
Âh I reviens quelquefois, de tes ailes légères,
Effleurer ces cheveux où ton vol incertain
S*est posé tant de fois dans mon riant matin !
Je ne demande pas ces sources d'harmonie
Où ta main généreuse abreuve le génie.
Ni ces chants qui, forçant i'oreille à retenir,
Font retentir longtemps Técho de l'avenir;
Mais, si mon sein cncor que la nature enflamme
Cherche une voix de plus pour exhaler mon âme,
Si le nom d'un ami devant moi prononcé
Soulève tout à coup la cendre du passé,
Si ma voix, dont son cœur a la longue habitude.
Peut réjouir encor sa chère solitude,
Ne me refuse pas un souvenir touchant;
Mais, comme un doux rayon échappé du couchant
A travers le lointain des nuages qu'il dore
Vient recueillir la voix de l'oiseau de l'aurore.
Rends aussi, rends un son à mon luth oublié,
Doux comme le regret d'une antique amitié!
Florence, JO avril 1828.
tgôgr