SUR UN ALBUM
'ans ce cimetière de gloire, Vous voulez ma cendre. A quoi bon r Pendant que j'inscris ma mémoire Le temps pulvérise mon nom.
Lamartine.
Si le temps, pour montrer jusqu'où va son empire, Pulvérise en effet le beau nom que voilà, Qii'il daigne, sur les vers que j'ose encore écrire, Jeter un peu de cette poudrc-là !
Béranger.
'ELUi qui créa U nature Comme un spectacle pour ses yeux Prête rorcîlle au grand mutniure Que les mondes font dans les cieux.
11 aime l'ouragan qui vibre
Dans les mdts sifflants des vaisseaux»
Et le mugissant équilibre
Que prend la mer avec ses eaux.
Son oreille jouit d'entendre Dans le Vésuve aux sombres fiancS) Comme un feu veillant sous la cendre, Grandir le foyer des volcans.
Sous la feuille où Toiseau se berce Et chante quand Tétoile a lui, La source murmurante verse  chaque goutte un son pour lui.
Les grandes et petites choses Résonnent dans l'hymne éternel ; La chute des feuilles des roses Va retentir jusqu'à son ciel.
Mais il est un bruit de la terre.
Plus sonore et plus triomphant, C'est ton nom, ô Dieu de mystère, Balbutié par un enfant!
3ç janvier , 1S41 , . -^
'ACHEZ-vous quelquefois dans les pages d'un livre Une fleur du matin, cueillie aux rameaux verts; Quand vous rouvrez la page après de longs hivers, Aussi pur qu'au jardin son parfum nous enivre. Après ces jours bornés qu'ici mon nom doit vivre. Qu'une odeur d'amitié sorte cncor de ces vers!
Paris, avril 1841,