A M»»^ RISTORI
oi qu'au tragique Arno la riche France envie, Tu rends au grand Toscan * plus que tu ne lui dois ; Si Dieu le Ht poète, il te fit; poésie ; Du timbre de ton cœur H scène a fait sa voix.
Dites, vous qui pleurez, lequel est le poète, De celui qui nota sous son doigt ces accents, Ou de celle qui prend sur la page muette Ces fantômes sans corps et leur prête des sens?
• Alfierî.
3o8 POÉSIES INÉDITES.
Cestlui ! c*esttoi ! c'est vous I Vous n*êtcs pas deux âmes ! La gloire en vous nommant vous doit réalité:
Tu donnes de ton sang aux ombres de ses drames. Et ce sang t'associe à l'immortalité.
Le drame est l'instrument où dort la lettre morte. C'est en vain qu'il contient tous les accords humains ; Il faut, pour que la joie ou la douleur en sorte, Qjie le cla\'ier du cœur soit frappé par tes mains.
Le marbre de Memnon sentait, bien qu'il fût pierre ; Mais son âme, ô soleil, n'était que ta chaleur ! Nous pleurons, mais, avant de mouiller la paupière, Ces larmes de nos yeux ont coulé de ton cœur!