Q.CI ME DEMANDAIT MON PORTRAIT
J*i£RRAi tout un été dans tqn frais paysage, Poursuivant d*un cœur jeune un rêve aérien.
Le rêve avait tes traits, tes yeux, ta voix, ton âge ; Mais tu n'étais pas née, et je n*einbrassai rien I
Fleur des glaciers natals, que tu tardas d'éclorc! L*ange qui marque Theurc à chaque floraison.
Jaloux de nos regards, te disait: Pas encore!... Qjjand il neigeait sur nous, tu perçais le gazon.
t^OESIES DIVERSES.; • . 3II
Celui qui t'attendait à ta première feuille Revient k la vingtième et s*en laisse éblouir. « Q.ue le jour la respire et que la nuit la cueille, Se dit-il, je l'ai vue, admirer c'est jouir ! »
Et maintenant l'amour à ta tige t'enlève Et t'apporte fleurir tout près de mon tombeau ; Mais au dernier sommeil ne faut-il pas son rêve ? Sois le pavot du Gange, et fais-moi rêver beau I
Viens, sois heureuse au sein de l'époux qu'on envie I Qpe, sur vos deux cadrans dont l'ombre fait le tour, L'aiguille fugitive après qui fuit la vie S'arrête à la même heure en arrêtant l'amour 1
Mais, au pays de l'âme où du moins rien ne change, En songe laisse-ipoî te revoir trait .par trait; De nos illusions faisons un doux échange :
1 u me donnas le rêve, accepte le portrait !
CiMltau ài' Saint-Poinl, 20 Janvier 1861.
sous LE PORTRAIT
DE