Poésies inédites de Lamartine
Ce livre est du plus grand intérêt pour l'histoire littéraire. Remercions la main pieuse qui l'a recueilli : elle a préparé des éléments indispensables au portrait du plus beau génie de notre temps. Rien ne manquerait sans doute à la gloire du maître si ces fragments étaient restés inconnus ; mais il manquerait beaucoup à l'instruction des critiques et beaucoup à nos jouissances.
Outre des nouveautés charmantes, nous trouvons dans ces pages inédites l'abrégé le plus exact de la grande œuvre que nous
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connaissions. Le poëte s'y montre sons ses faces les pins diverses, et ce recueil suffirait pour nous révéler la nature de son esprit et pour marquer sa place.
Le volume s'ouvre par deux tragédies écrites en 1813, pendant la première jeunesse de l'auteur. C'est un tribut payé au goût du temps. Le génie le plus original ne peut soustraire aux influences régnantes ses premiers coups d'aile ; mais son essor l'emporte bien vite au-dessus des courants inférieurs.
La Médée de Lamartine, oubliée de lui et retrouvée par hasard, vaut certainement comme conception la foule des Médées qu'on a mises au théâtre. Comme style et comme langue poétique, elle révèle déjà l'écrivain supérieur. Tandis que les tragiques du premier Empire copient et affadissent les vers déjà si prosaïques et si décolorés des pièces de Voltaire, le noble instinct du jeune débutant le porte vers un meilleur modèle. Destiné.
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quand il aura trouvé sa voie, à devenir par l'incomparable mélodie de son style l'heureux rival de Racine, il s'attache à lui dès ses premiers pas. C'est là surtout ce qui nous happe et nous instruit dans la Médée.
Zoraïde, sujet d'invention et dont nous n'avons que deux actes écrits à la même époque, nous parait inférieure. Quelques souvenirs de Zaïre et de Mahomet qu'écartait un sujet grec comme Mêdée se font sentir dans les idées et dans le style de Zoraïde ; la pièce n'y gagne en aucune façon.
L'admirable fragment de l'épopée du Chevalier qui resplendit à côté de ces essais de tragédie, nous montre ce que devient le génie du poëte quand il a trouvé sa sphère propre. et qu'il s'y déploie librement. La vigueur, l'originalité, la belle couleur de ce morceau, ne tiennent pas seulement à la virilité d'un espril plusmùr,àlajustessc,à l'élévation supérieure de ses points de vue ; elles tiennent aussi beaucoup au genre de poésie plus approprié à
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sa vocation, dans lequel il se meut sans entrave et sans guide, comme le souverain créateur des régions qu'il va parcourir.
Lamartine n'est pas un poëte dramatique, il est quelque chose de plus.
La nature d'esprit, les qualités d'àme nécessaires pour imaginer un ensemble de poëmes comme les Visions excluent le génie du théâtre. L'épopée telle qu'on la concevait jadis, celle d'Homère et de Virgile, du Tasse et du Camoens, l'épopée historique et guerrière suppose des intelligences plus vastes que la tragédie; le génie épique a besoin de plus d'espace pour déployer ses larges ailes. Que serace donc quand le poëte passe du domaine de l'histoire à celui des conceptions religieuses, et des faits politiques à ceux de la cosmogonie morale; alors que le poëme se déroule, non pas seulement à travers une partie de notre globe, mais dans les régions- infinies que parcourent les âmes et dans le sein même de l'Éternel ?
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Lamartine, ce poète des nobles amours, que l'on a voulu confiner dans l'étroit vallon de l'élégie, et dont on essaye de faire un mélancolique entre Millevoye et Musset, Lamartine est par-dessus tout un poëte religieux, un philosophe, un mage de la nature, le poëte de F universel et du divin. Pas une âme, que je sache, dans toutes les littératures, n'a eu plus profondément que la sienne le sentiment, l'intuition de l'infini ; pas un poëte n'a réussi comme lui à nous faire voir l'invisible, à nous faire toucher l'immensité, à nous enivrer de l'omni-présence de Dieu.
Dante a fait l'épopée de la théologie scholastique, du patriotisme italien, des haines et des perfidies florentines, et enfin de ce césarisme qui depuis tant de siècles est le rèvc de l'Italie après avoir élé la honte de l'humanité. On ne saurait admirer avec trop de passion, étudier avec trop de patience l'incomparable style de Dante; chacun de ses vers est un bas-relief d'airain. On ;i écrit des milliers
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de volumes à son éloge, et l'on n'a rien dit dfe trop. Mais nous oserons affirmer que, malgré le sujet de son poëme, la sincérité de sa foi catholique, son profond savoir en théologie. Dante est un poëte aussi peu religieux que tous les autres poètes italiens. C'est avant tout, comme la plupart des grands hommes de son pays, un politique ; son épopée de la théologie chrétienne est l'épopée de la colère. Malgré les splendeurs de son Paradis, c'est à uiste titre que son Enfer seul esc resté populaire. Le théologien catholique est dominé chez lui par le politique florentin, le poëte religieux par l'homme de parti. Après nous avoir montré l'enfer comme la hase du monde moral, sa haine le pousse en dehors de toute j ustice et de tout sens commun dans la peinture de Satan, de celui qui selon la théologie dantesque porte au fond de l'abîme tout le poids de la création. Dussé-je être seul et contre tous, je déclare que dans aucune poésie, même dans les épopées panthéistes de
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l'Orient où fourmillent les monstres à mille têtes et les divinités insensées, je ne connais rien de grotesque, d'impie et de révoltant comme ce diable à trois bouches qui remâche pendant toute l'éternité les nobles âmes de Brutus et de Cassius avec celle de Judas.
Certes, la politique n'est pas absente du poème de Milton; la révolution d'Angleterre y laisse des traces incontestables ; l'enfer y tient aussi une très-large place. Mais, après tout, cet Anglais révolutionnaire et protestant se montre plus religieux, plus humain, plus chrétien que l'autoritaire et le catholique Dante. A côté de Milton, je me sens plus loin de la théologie du moyen âge, cela est sur; mais je me sens plus près des véritables régions divines et plus en plein dans le monde moral. Comme écrivain, comme artiste et sculpteur de la parole, l'Anglais Milton es1 naturellement très-inférieur à l'Italien Alighieri, In plus étonnant par le style de tous les poètes modernes, mais sa foi chrétienne
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est aussi vive ; et, malgré sonàpreté puritaine, sa religion est moins terrifiante que celle de la Divine Comédie.
La terreur disparait entièrement de l'épopée de Lamartine. A travers les épreuves nécessaires pour nous rendre capables de T éternelle béatitude, l'âme humaine se donne carrière dans ces poèmes avec toute la sécurité de la foi, de l'espérance et de l'amour. Cet esprit pacifique, cette incapacité de haïr, cette indulgence universelle qu'on a reprochés à Lamartine historien et politique, et qui sont, en effet, très-discutables chez un homme d'État, deviennent chez le penseur et le poète les plus hautes qualités ; elles forment l'élément essentiel de l'esprit religieux. C'est l'immensité de l'amour et des aspirations vers l'infini, c'est la certitude dans l'attente du bien, c'est la perpétuelle adoration de la bonté de Dieu, qui nous frappent surtout dans la conception épique de Lamartine. Voilà pourquoi nous disons hardiment qu'elle est la
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plus religieuse entre toutes celles qui nous soient parvenues. C'est aussi la plus vaste, car elle n' embrasse pas seulement une époque, fut-ce la période cosmogonique et l'âge de l'Eden, mais toute la durée de notre monde, depuis l'apparition de l'âme sur la terre jusqu'à son retour dans le sein de Dieu. C'est la plus spiritualiste, car le drame s'accomplit tout entier dans rame elle-même et dans l'ordre moral. Il ne s'agit pas des destinées d'un empire, de la prise d'une ville, de la fondation d'une dynastie; il s'agit des destinées éternelles de l'homme, de l'être intelligent et libre, de ce qu'il y a de plus grand dans l'univers après Dieu lui-même.
Sur ces dix Visions qui devaient embrasser tout le cycle du développement humain, nous n'avons que deux poèmes complètement achevés : Jocelynei In Chute d'un ange. .Mais le plan subsiste; il est reproduit dans ce volume avec des fragments inédits. Ce plan suffit pour nous faire connaître l'idée mère,
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la philosophie de cette conception-, et Joceh/h. ce chef-d'œuvre de notre poésie, nous montre comment l'œuvre eut été exécutée si l'auteur avait pu se consacrer tout entier à ce monument.
Chacune de ces dix Visions marque à la fois une des grandes épocpies de l'histoire et un des degrés par où l'âme tombée se relève en expiant ses fautes ; l'homme reçoit dans chacune de ces phases de son existence une initiation supérieure, se rapprochant par chaque victoire sur lui-même de la vie bienheureuse à laquelle Dieu l'a destiné. L'idée d'une chute primitive, la douleur considérée comme le châtiment de cette chute, comme l'instrument de l'expiation et le grand ressort <lu progrès moral, telle est l'idée parfaitement orthodoxe qui domine tous ces poèmes. Cette idée s'impose à toutes les philosophies dignes de ce nom. L'éternelle présence de la douleur sur ce globe ne permet à l'esprit de concevoir aucun drame sérieux où elle n'apparaisse.
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Il s'agit de la montrer dans sa véritable essence, l'expiation, etdans son Lut, la réhabilitation et le progrés. Ceux qui prétendent expliquer la destinée humaine sans l'idée de la douleur, ceux qui en nient la nécessité et n\m voient pas le but, ceux qui prétendent la supprimer ici-bas par la science, ne sont même pas des enfants !
Mais la douleur devenue nécessaire par la faute primitive, le mal créé par la chute, n'ont pas, aux yeux de l'auteur des Visions, une telle prépondérance dans l'univers que le poëte soit entraîné par une imagination terrifiante comme celle des chantres de l'enfer à faire du mal un principe indestructible et à proclamer son éternité. Les Visions finissent par une victoire complète du bien, par la réhabilitation de l'âme tombée et par son immortelle glorification.
Le fragment de la huitième \ ïsion, inconnu jusqu'à ce jour et intitulé le Chevalier, est un morceau très-important et d'une exé-
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cution achevée. Il a du moins reçu toute la perfection sans minutie que Lamartine, ce merveilleux improvisateur, donnait à ses vers si faciles et si abondants. Lamartine est dans notre littérature, dans toutes peut-être, le trouveur par excellence; aucun poëte n'abonde comme lui en vers qui semblent être sortis de l'âme de l'auteur et de la langue qu'il parle, comme une fleur sort de la sève et du rameau.
Ce simple épisode, où les personnages ont à peine le temps d'indiquer leur caractère, a la plus grande valeur comme peinture ; c'est un vrai type de la description et du génie pittoresque dans Lamartine. Le talent du poëte comme paysagiste est reconnu; mais sa supériorité en ce genre et les allures de son pinceau ne sont peut-être pas bien comprises. L'art de peindre le monde extérieur par la parole a été poussé très-loin de nos jours; certains poètes savent nous faire voir et toucher les objets matériels, de telle sorte que
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leurs tableaux émeuvent nos sens et nos nerfs presque autant que la réalité; il ne s'agit pas pour eux d'interpréter poétiquement la nature, mais de Ja reproduire presque mécaniquement. Les peintures de Lamartine, si vives qu'elles soient de couleur, et surtout ses paysages, ont une tout autre portée, lis expriment la vie, l'esprit, l'àme des choses, mieux encore qu'ils n'en reproduisent la forme sensible. Je ne dirai pas que Lamartine idéalise la nature, dans le sens de corriger et d'embellir, mais il l'anime et la spiritualise ; il en fait jaillir tout ce qu'elle renferme de moral et de divin. La nature devient sous son pinceau non-seulement un portrait de l'àme humaine, mais comme une esquisse de la divinité; l'infini s'y reflète, l'intelligence et l'amour s'en exhalent de toutes parts. Lamartine peint toute chose dune façon tellement fluide, transparente, intellectuelle, que les formes prennenl des ailes sous son pinceau; toute la création semble vivre de la vie
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de l'esprit et s'envoler clans une perpétuelle ascension vers l'intelligence et l'amour suprême dont elle émane. D'autres poètes abaissent et matérialisent l'expression des choses les plus élevées, comme pour mettre les objets en contact avec nos sens et leur soustraire, au profit du relief et de la couleur, tout ce qu'ils expriment du monde moral. Ces peintres épaississent, alourdissent la physionomie de toute chose et jusqu'aux paysages les plus éthérés. Dans les tableaux de Lamartine, la scène semble vivre comme les acteurs. La nature entoure les personnages comme une substance vivante et sympathique en perpétuelle communion avec leur âme. Le paysage se développe, ondule et flotte autour des héros du drame comme, dans une symphonie de maître, l'accompagnement se déroule autour de la mélodie .
L'épisode inédit du poëme du Chevalier nous montre ces qualités du paysage et des descriptions de Lamartine à un degré aussi
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élevé que Jocelyn lui-même. Le génie tout particulier que ce maître apporte à peindre le monde extérieur fait de lui par excellence le poëte de la nature ; d'autres n'en sont que les imagiers et les photographes.
Les pièces lyriques qui complètent le volume datent des époques les plus diverses de la vie de Lamartine ; quelques-unes sont d'une grande beauté. Les stances à César Alfieri. écrites du temps des Méditations et omises, on ne sait pourquoi, dans ce recueil, se terminent par de nobles vers qu'on dirait pensés par Corneille, et qui possèdent de plus que les siens la musique et l'accent propre au poète lyrique.
Aux bords de la Seine ou du Tibre, Sous un consul ou sous un roi, Sois vertueux, tu seras libre, Ton indépendance est en toi.
Le Lac et V Isolement \ ces deux chefs-
4 Vlsolement est reproduit avec les variantes dans la Correspondance de Lamartine, t. Il, p. 228. Pour le Lac, voyez la pièce dans ce volume <\<- Poésies inédites.
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d'œuvre, reproduits avec quelques variantes et des strophes inédites, sont devenus, sous cette forme nouvelle, de précieux documents pour la critique. Lamartine corrigeait fort peu ses premiers jets; sa composition était souvent une sorte d'improvisation, tant elle était rapide. Il écrivait d'un trait sûr, comme les poètes grecs, comme tous ceux qui sont les inventeurs, les originaux, les trouveurs par excellence. Mais la clairvoyance et le jugement sévère du critique ne lui manquaient point, quoique son esprit sympathique l'appliquât rarement aux productions d' autrui. Un scrupule de discrétion et de spiritualisme délicat, tel que n'en connaissent pas les poètes de l'école rivale, avait fait effacer par Fauteur du Lac deux strophes entières, toutes deux fort belles, mais d'un accent plus vif et plus passionné que les autres. La pièce, telle qu'elle est connue, ne diffère de la version primitive que par cette suppression et par le changement de trois hémistiches.
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Ces dernières corrections montrent une sûreté de sens critique que le maître exerçait trop rarement.
Il serait difficile de donner aux lecteurs et aux auteurs d'aujourd'hui une idée exacte de ce que fut Lamartine pour la société dans laquelle il apparut, il y a un demi-siècle et pendant les vingt années de splendeur intellectuelle qui ont marqué les derniers règnes des Bourbons. Ceux-là seuls pourront nous comprendre qui ont vu, comme nous, la fin de cette brillante période et qui se sont ouverts à la vie de l'esprit sous l'influe net; encore dominante des poètes et des orateurs de ce temps.
On admire à présent par- dessus tout l'adresse mécanique des prosateurs et des rimeurs, la force de leur tempérament, l'habileté avec laquelle ils reproduisent pour le toucher et pour la vue les détails de la nature matérielle, la surexcitation contagieuse de leurs nerfs et l'ivresse d'alcool que
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leurs tableaux communiquent à nos sens.
Au lieu de la peinture du monde idéal on ne retrouve plus dans les œuvres d'imagination que la photographie coloriée des réalités les plus basses. Un des témoignages les plus innocents de cette importance exclusive donnée à la forme aux dépens de la pensée, à la nature aux dépens de l'esprit, c'est ce nom <X artistes que les écrivains de nos jours, prosateurs et poètes, acceptent si volontiers et qui les achemine fatalement vers celui d'artisans. Lamartine, grâces à Dieu, est le moins artiste de tous les poètes ; il est par excellence le chanteur et l'enchanteur, il est le magicien et le charmeur des âmes, entre tous ceux qui se sont servis de la parole humaine. Si la plus haute fonction de la poésie est d'interpréter la nature dans le sens de l'idéal, d'en extraire pour ainsi dire tout . ce qu'elle renferme d'intelligence et d'amour, de la mettre en sympathie avec le cœur humain, et d'en faire vis-à-vis de nous Finfail-
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lible truchement de la pensée divine, l'auteur des Harmonies et de Jocelyn est à coup sur le premier représentant de la grande poésie dans notre littérature et peut-être dans toutes les littératures de l'Europe.
Les vrais poètes s'adressent tous à d'autres facultés qu'à l'imagination sensible; ils provoquent en nous autre chose qu'une simple volupté de l'esprit. Leur œuvre n'est pas seulement douce, elle est belle de la beauté morale. Ils nous communiquent un surcroît de vie intérieure ; ils nous raniment, ils nous persuadent, ils nous instruisent; c'est-à-dire qu'ils nous dressent à tous les nobles combats de l'esprit et à l'exercice des vertus difficiles.
Lamartine fait pour nous quelque chose de plus, et c'est là ce que j'appelle sa magie. Il nous prend sur ses ailes; il nous enlève à des hauteurs où plus rien de grossier, de vulgaire, de médiocre n'apparaît à nos regards. Durant ce voyage, il transforme dans le divin toutes les choses à l'usage de notre àmc et