‹ Poésies inédites de LamartineChapitre 23 sur 82 · SCÈNE V MÉDÉE, IPHISE · texte numérisé non relu

SCÈNE V MÉDÉE, IPHISE

MliDÉE.

lphise, approche-toi, tu m'aimes, je le sais, Et ton destin t'attache à tous mes intérêts ; De mes secrets desseins fidèle confidente, Tu ne me trahis point; ton amitié constante. Partageant ma fortune, a servi tour à tour Les projets de ma haine ou ceux de mon amour, Écoute: jusqu'ici tu n'as rien fait encore! Dans cet instant fatal, c'est ta main que j'implon Tu connais ma vengeance, oses-tu la servir? Sauras-tu m'imiter et sauras-tu mourir?

Réponds !

MEDEE. (i:;

1PHISE.

A vos destins dès mon enfance unie.

Ma fidèle amitié ne s'est point démentie. Ordonnez, et ce cœur, dont vous semblez douter, S'il ne faut que mourir, saura vous imiter. Parlez, et rien ne peut étonner mon courage.

MËDÉEa

Eh bien ! viens, que ta main achevé mon ouvrage ! Tu vois devant tes yeux ces précieux présents :

(On \oitsuruue table un écrin ouvert.)

Autrefois de mon front superbes ornements,

Lorsqu'aux jours de ma gloire, orgueilleuse princesse,

Mon éclat effaçait les reines de la Grèce,

Un jour, de notre hymen pour payer les bienfaits.

Le perfide lui-même en orna mes attraits.

Prends-les, Iphise, et cours de ce pas les lui rendre;

Dis-lui qu'avec son cœur il doit me les reprendre,

Que moi-même, à ses vœux brûlante d'obéir,

Je voulais à Creuse en ce jour les offrir,

Mais que lui-même il peut en orner sa conquête

Et de sa propre main en surcharger sa tête.

Dis que je lui pardonne et n'attends pour partir

Que l'heure où cet hymen doit enfin s'accomplir.

Tu t'étonnes? Eh quoi! peux-tu me méconnaître?

Va, tu m'entends.

m POESIES INEDITES.

IPHISE.

Grands dieux ! je l'entends trop, peut-être Quoi ! c'est donc là l'objet que vous deviez frapper !

MÉDËE.

Pensais-tu qu'à mes coups elle pût échapper?

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