‹ Poésies inédites de LamartineChapitre 64 sur 82 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

On dit qu'en vers harmonieux.

Dans un prophétique délire, Tu vantes l'éclat de mes yeux.

Mes cheveux, jouets du zéphire, Et ma grâce; et ce doux sourire Que l'enfance a reçu des eieux Pour assurer son doux empire.

Que tes chants sont délicieux !

Que j'aimerais à les redire!

C'est donc là la langue des dieux !

Ah ! je vais, pour l'entendre mieux, Apprendre moi-même à les lire.

Mais on dit aussi que tes vers Sont un piège pour mon enfance.

Qu'il faut prolonger l'ignorance Donl nos premiers ans sonl couverts,

Et s'embellir sans qu'on y pense ;

Que l'innocence est un trésor,

La modestie un diadème,

Et qu'aux yeux du monde qui l'aime

Beauté qui s'ignore soi- même

En est cent fois plus belle encor.

Cependant de ton doux hommage

Mon cœur enfant se sent flatté :

L'encens nous enivre à tout âge,

Est-ce plaisir ou vanité?

Mais par ta muse présenté

11 nous plaît encor davantage.

Un jour, quand sous ses blancs frimai

Le temps aura blanchi ta tête,

Je verrai si tu fus prophète

En me promettant tant d'appas ;

Et, payant ton heureux présage

D'un regard de mes yeux charmants,

Je dirai quand j'aurai quinze ans :

Il me chantait avant le temps,

Je le trouve aimable à tout âge.

vin

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