‹ Poésies inédites de LamartineChapitre 75 sur 82 · A MME RISTORI · texte numérisé non relu

A MME RISTORI

Toi qu'au tragique Àruo la riche France envie,

Tu rends au grand Toscan 1 plus que tu ne lui dois :

Si Dieu le fit poëte, il te fit poésie;

Du timbre de ton cœur la scène a fait sa voix.

Dites, vous qui pleurez, lequel est le poète, De celui qui nota sous son doigt ces accents. Ou de celle qui prend sur la page muette Ces fantômes sans corps et leur prête des sens?

C'est lui ! c'est toi ! c'est vous ! Vousn'êtes pas deux âmes! Laffloireen vous nommant vous doil l'égalité: Tu donnes de ton sang aux ombres de ses drames, Et ce sans; t'associe à l'immortalité.

1 AKiéri.

Le drame est l'instrument où dort la lettre morte. C'est en vain qu'il contient tous les accords humains; Il faut, pour que la joie ou la douleur en sorte, Que le clavier du cœur soit frappé par tes mains.

Le marbre de Memnon sentait, bien qu'il fût pierre, Mais son àme, ô soleil, n'était que ta chaleur ! Nous pleurons, mais, avant de mouiller la paupière. Ces larmes de nos veux ont coulé de ton cœur!

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