‹ Poésies inéditesChapitre 11 sur 88 · TROP TARD · texte numérisé non relu

TROP TARD

^^L a parlé. Prévoyante ou légère, Sa voix cruelle et qui m'était si chère A dit ces mois qui m'atteignaient tout bas : « Vous qui savez aimer, re m'aimez pas!

« Ne m'aimez pas si vous êtes sensible;

« Jamais sur moi n'a plané le bonheur.

« Je suis bizarre et peut-être inflexible;

« L'amour veut trop : l'amour veut tout un cœur.

« Je hais ses pleurs, sa grâce ou sa colère;

« Ses fers jamais n'entraveront mes pas. »

Il parle ainsi celui qui m*a su plaire. .. Qu'un peu plus tôt celte voix qui m'éclaire N'a-t-elle dit, moins flatteuse et moins bas : « Vous qui savez aimer, ne m'aimez pas!

« Ne m'aimez pas; l'âme demande l'âme; « L'insecte ardent brille aussi près des fleurs. « Il éblouit, mais il n'a point de flamme;

« La rose a froid sous ses froides lueurs. « Vaine étincelle échappée à la cendre, « Mon sort qui brille égarerait vos pas. »

II parle ainsi, lui que j'ai cru si tendre ! Ah ! pour forcer ma raison à l'entendre, Il dit trop tard, ou bien il dit trop bas : « Vous qui savez aimer, ne m'aimez pas! »

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