L'ESCLAVE ET L'OISEAU
^LVRE Ion aile au vent, mon beau ramier sauvage! Laisse à mes doigts brisés Ion anneau d'esclavage. Tu n'as que trop pleuré ton élément, l'amour; Sois beureux comme lui : sauve-toi sans retour 1
Que tu montes la nue ou que tu rases l'onde, Souviens-toi de l'esclave en traversant le monde. L'esclave t'affranchit pour te rendre à l'amour : Quitte-moi comme lui : sauve-toi sans retour!
Va retrouver dans l'air la volupté de vivre! Va boire les baisers de Dieu qui te délivre! Ruisselant de soleil et plongé dans l'amour, Va-t-en ! va-t-en! va-t-en ! sauve-toi sans retour!
Moi, je garde l'anneau; je suis l'oiseau sans ailes. Les tiennes vont aux cieux : mon âme est devant elles. Va, je les sentirai frissonner dans l'amour; Mon ramier, sois béni ! Sauve-toi sans retour !
Va demander pardon pour les faiseurs de chaînes ; En fuyant les bourreaux, laisse tomber les haines. Va plus haut que la mort, emporté dans l'amour : Sois clément comme lui.... Sauve-toi sans retour !
DANS i;ÉTÉ.
N danger circule à l'ombre,
Au chant de l'oiseau, Qui descend, dès qu'il fait sombre,
Se plaindre au roseau.
Alors tout ce qui respire
Se prend à rêver ; Et le ruisseau qui soupire
Semble l'éprouver.
Partout les nids et les ailes
Tremblent doucement, Dénonçant des tourterelles
L'entretien charmant; L'été brûle avec mystère
Dans les lits en fleurs Des seuls amants de la terre
Sans blâme et sans pleurs.
Et si trop jeune encore Pour fuir un danger.
L'enfant rêveur que j'adore S'atlarde au verger,
Laisse dans Terrante nue Ton charme cruel,
Et sauve l'âme ingénue Du plaisir mortel î
c-''C~NiC)(»j>''7J^.-j3