‹ Poésies inéditesChapitre 29 sur 88 · ENVOYÉ A LA BIEN-AIMÉE · texte numérisé non relu

ENVOYÉ A LA BIEN-AIMÉE

qui avait voulu voir le pays de sa mère.

Toi, ne passe jamais à l'angle de la rue Où notre église encor n'est pas toute apparue, Sans l'arrêter au bruit qui filtre sous tes pas Pour écouler un peu ce qu'il chante tout bas. Il chante le passé, car il a vu nos pères ; Il a la même voix que dans les temps prospères. Livre tes longs cheveux au ruisselant miroir, El regarde longtemps ce que j'y voudrais voir : Ton visage étoile dans les cercles humides Parsemant leurs clartés de sourires limpides, Et les multipliant au fond du puits songeur Pour y porter le jour comme ils font dans mon cœur I

Alors qu'il soit béni le salubre nuage Ayant de tous les tiens miré l'errante image I Monte sur la margelle et bois à ton plein gré Son haleine qui manque à mon sang altéré.

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