‹ Poésies inéditesChapitre 36 sur 88 · ELLE ALLAIT S'EMBARQUER ENCORE · texte numérisé non relu

ELLE ALLAIT S'EMBARQUER ENCORE

^ù vas-lu, fille chérie?

Quelle nouvelle patrie Entre la terre et les cieux, Loin de mon aile qui casse Offre à ton vol tant d'espace Qu'il te dérobe à mes yeux?

Prends garde, jeune adorée, Qui de ma vie ulcérée Otes la plus chère fleur !

Prends garde que ton courage Ne te soit dans un autre âge Payé par une douleur!

Car ton courage a des armes Puissantes contre mes larmes Qui ne peuvent te parler ; Mais les larmes d'une mère Suivent d'une trace amère L'enfant qui les fait couler.

0 jeune âme, ô jeune fille, Qu'allire une autre famille, Mon souvenir t'y suivra.

Elle l'offre l'abondance, L'éclat et l'indépendance, Mais l'amour y manquera.

L'amour, ce ciment des âmes.

Ce pur anneau de deux flammes Qui luttent contre le vent.

Loin que l'absence l'altère.

Là-bas où finit la terre Rejoint la mère à l'enfant !

Page 1