‹ Poésies inéditesChapitre 37 sur 88 · LA MERE QUI PLEURE · texte numérisé non relu

LA MERE QUI PLEURE

IS'ai presque perdu la vue

A suivre le jeune oiseau Qui, du sommet d'un roseau.

S'est élancé vers la nue.

S'il ne doit plus revenir, Pourquoi m'en ressouvenir?

Bouquet vivant d'étincelles Il descendit du soleil Eblouissant mon réveil Au battement de ses ailes.

S'il ne doit plus revenir, Pourquoi m'en ressouvenir?

Prompt comme un ramier sauvage, Après l'hymne du bonheur, Il s'envola de mon cœur, Tant il craignait l'esclavage !

S'il ne doit plus revenir, Pourquoi m'en ressouvenir?

De tendresse et de mystère Dès qu'il eut rempli ces lieux, Il emporta vers les cieux Tout mon espoir de la terre !

S'il ne doit plus revenir, Pourquoi m'en ressouvenir?

Son chant que ma voix prolonge Plane encor sur ma raison.

Et dans ma triste maison, Je n'entends chanter qu'un songe.

S'il ne doit plus revenir.

Pourquoi m'en ressouvenir?

Le jour ne peut redescendre Dans l'omhre où son vol a lui, Et pour monter jusqu'à lui Mes ailes ont trop de cendre.

S'il ne doit plus revenir.

Pourquoi m'en ressouvenir ?

Comme l'air qui va si vite, Sois libre, ô mon jeune oiseau !

Mais que devient le roseau.

Quand son doux chanteur le quitte !

S'il ne doit plus revenir.

Pourquoi m'en ressouvenir?

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