‹ Poésies inéditesChapitre 38 sur 88 · A UNE MERE QUI PLEURE AUSSI · texte numérisé non relu

A UNE MERE QUI PLEURE AUSSI

;ui sait si votre enfant qui flotte dans vos larmes, Dont votre cœur profond nourrit les jeunes charmes, ( Seul cœur qui de l'oubli le sauve et le défend) jN'a pas, au seuil de Dieu, rencontré mon enfant?

Qui sait si leurs mains d'ange, un moment réunies, N'ont pas pesé là-haut nos peines infinies, Et, pleurant de l'amour qu'on leur garde en ce lieu, N'ont pas compté nos pleurs pour les offrir à Dieu?

Qui sait! Je sais au moins qu'en vous voyant. Madame, Une tendre nouvelle a rafraîchi mon âme. Comme si mon enfant, puissante avec douceur, A mon deuil éternel amenait une sœur.

Si c'est sa volonté, qu'elle soit accomplie!

Rien ne relèvera notre destin qui plie.

Mais dans le deuil d'amour qui vient de nous lier,

Apprenons qu'il est doux de ne pas oublier !

i;ame errante.

Je suis la prière qui passe Sur la terre où rieu n'est à moi ; Je suis le ramier dans l'espace.

Amour, où je cherche après toi.

Effleurant la route féconde, Glanant la vie à chaque lieu, J'ai touché les deux flancs du monde Suspendue au souffle de Dieu.

Ce souffle épura la tendresse Qui coulait de mon chant plaintif Et répandit sa sainte ivresse Sur le pauvre et sur le captif.

Et me voici louant encore Mon seul avoir, le souvenir, M'envolant d'aurore en aurore Vers l'infinissable avenir.

Je vais au désert plein d'eaux vives Laver les ailes de mon cœur,

Car je sais qu'il est d'autres rives Pour ceux qui vous cherchent. Seigneur!

J'y verrai monter les phalanges Des peuples tués par la faim, Comme s'en retournent les anges, Bannis, mais rappelés enfin ....

Laissez-moi passer, je suis mère ; Je vais redemander au sort Les doux fruits d'une fleur amère Mes petits volés par la mort.

Créateur de leurs jeunes charmes, Vous qui comptez les cris fervents, Je vous donnerai tant de larmes Que vous me rendrez mes enfants!

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