RENONCEMENT
ARDONNEz-Moi, Seigncur, mon visage attriste, Vous qui l'aviez formé de sourire et de charmes ; Mais sous le front joyeux vous aviez mis les larmes, Et de vos dons, Seigneur, ce don seul m'est resté.
C'est le moins envié, c'est le meilleur peut-être : Je n'ai plus à mourir à mes liens de fleurs. Ils vous sont tous rendus, cher auteur de mon être. Et je n'ai plus à moi que le sel de mes pleurs.
Les fleurs sont pour l'enfant, le sel est pour la femme; Faites-en l'innocence et trempez-y mes jours. Seigneur,^ quand tout ce sel aura lavé mon àme, Vous me rendrez un cœur pour vous aimer toujours !
Tous mes étonnemcnts sont finis sur la terre. Tous mes adieux sont faits, l'àme est prête à jaillir; Pour atteindre à ses fruits protégés de mystère Que la pudique mort a seule osé cueillir.
0 Sauveur! Soyez tendre au moins à d'autres mères, Par amour pour la vôtre et par pitié pour nous ! Baptisez leurs enfants de nos larmes amères, Et relevez les miens tombés à vos genoux.
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^UE mon nom ne soit rien qu'une ombre douce et vaine ; Qu'il ne cause jamais ni l'effroi ni la peine ; Qu'un indigent l'emporte après m'avoir parlé Et le garde longtemps dans son cœur consolé I
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ENFAÎJTS Eï JEUNES FILLES
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POUR ENDORMIR L'ENFAiNT.
iH ! si j'étais le cliei' petit enfant Qu'on aime bien, mais qui pleure souvent,
Gai comme un charme,
Sans une larme, J'écouterais chanter l'heure et le vent. . . . (Je dis cela pour le petit enfant).
Si je logeais dans ce mouvant berceau , Pour mériter qu'on m'apporte un cerceau ,
Je serais sage
Comme une image, Et je ferais moins de bruit qu'un oiseau. . . (Je dis cela pour l'enfant du berceau).
Ah! si j'étais noire blanc nourrisson , Pour qui je fais cette belle chanson ,
Tranquille à l'ombre ,
Comme au bois sombre ,
Je rêverais que j'entends le pinson. . . (Je dis cela poui- le blanc nouirissonj.
Ah ! si j'étais l'ami des blancs poussins Dormant entre eux , doux et vivants coussins
Sans que je pleure ,
J'irais sur l'heure Faire chorus avec ces petits saints. . . . (Je dis cela pour l'ami des poussins).
Si le cheval demandait à nous voir , Riant d'aller nager à l'abreuvoii-,
Fermant le gîte ,
Je crîrais vite :
« Demain l'enfant pourra vous recevoir » . . . (Je dis cela pour l'enfant qu'il vient voir).
Si j'entendais les loups hurler dehors , Bien défendu par les grands et les forts,
Fier comme un homme
Qui fait un somme, Je répondrais : « Passez , Messieurs, je dors ! . . . . » (Je dis cela pour les loups du dehors^.
— 1 oo
On n'enleiidil [)Ius rien clans la maison, Ni le rouel , ni rogale chanson;
La nricre arilenle.
Fine et prudente , Fit rendormie auprès de la cloison , Et suspendit tout bruit dans la maison.
(Sur une mélodie allcmaiule. )
-ê^i^^-ETC^