‹ Poésies inéditesChapitre 51 sur 88 · AUX NOUVEAUX NÉS HEUREUX · texte numérisé non relu

AUX NOUVEAUX NÉS HEUREUX

ÎETiTs enfants heureux, que vous savez de choses, , En naissant!

On dirait qu'on entend s'entreparler des roses, Et que vous racontez votre ciel au passant.

Vos rires sont vainqueurs en huvant de vos mères

Le doux lait, Vous qui ne sentez pas que des larmes amères Coulent dans ce nectar tiède et blanc qui vous plaît.

Ah ! c'est pourtant ainsi , mes charmants camarades,

Mais buvez !

La source où vous puisez d'abondantes rasades Ne peut vivre et courir qu'autant que vous vivez.

Buvez! délectez-vous sans labeur et sans honte,

Car un jour Le sort qui reprend tout vous demandera compte De ce lait qu'une mère oiïre avec tant d'amour !

Buve/ ! En élrcignanl celle femme penchée

Snr son frnit , C'est la vigne céleslo à la lerro attachée Dont la sève s'épanche éternelle et sans bruit.

o^OOIgS'C^o

AUX NOm'EAUX NÉS PARTIS.

ffiwfous qui n'avez jamais parlé Dans notre monde désolé, N'apprenez pas la langue austère Ni les durs sanglots de la terre.

Envolez-vous , mais , par pitié , De nos pleurs portez la moitié Dans le manteau bleu delà Vierge, Et nous brûlerons un beau cierge Au pied de votre blanc berceau , Pour que l'arbre et son arbrisseau Revivent aux montagnes pures, Loin des autans, loin des souillures,

Loin de ce monde désolé, Où vous n'avez jamais parlé.

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