L'ENTREVUE AU RUISSEAU
cJcfe'EÀu nous sépare, écoute bien Si lu fais un pas, tu n'as rien.
Voici ma plus belle ceinture Elle embaume encor de mes fleurs.- Prends les parfums et les couleurs, Prends tout — Je m'en vais sans parure.
L'eau nous sépare, écoute bien :
Si tu fais un pas, tu n'as rien.
Sais-tu pourquoi je viens moi-même Jeter mon ruban sur ton sein?
C'est que tu parlais d'un larcin.
Et l'on veut donner quand on aime.
L'eau nous sépare, écoute bien :
Si tu fais un pas, tu n'as rien.
Adieu, ta réponse est à craindre, Je n'ai pas le temps d'écouler ;
Mais quand je n'ose m'arrêter, N'est-ce donc que toi qu'il faut plaindre?
Ce que j'ai dit, retiens-le bien :
Pour aujourd'hui, je n'ai plus rien I
i;iMAGE DANS L'EAU.
liË^ONTAiNE, fontaine, Ton eau coûte cher!
Quand lu serais pleine Du flot rare et clair Que je te vins prendre Un soir de l'été, Pourrais-tu me rendre Ce qu'il m'a coûté.
Fontaine attirante Sur ton frais miroir Quand la lune errante Passa pour te voir, Qu'ai-je vu paraître A ce doux flambeau?
Un rêve, peut-être; Mais qu'il était beaul
Fontaine enchantée, N'as-tu que pour moi
La force aimantée
Qui ramène à toi?
Ou bien,... quel dommage 1 Au fond de tes fleurs, Retiens-tu l'image Que troublent mes pleurs?
Fontaines railleuses
Qui troublez nos pas.
Aux voix curieuses Dites-vous, tout bas :
« La lune qui passe Sur deux fronts élus, Deux fois dans l'espace Ne les revoit plus. »
— -Vï^S^^S^S-!^—