‹ Poésies inéditesChapitre 7 sur 88 · L'ENTREVUE AU RUISSEAU · texte numérisé non relu

L'ENTREVUE AU RUISSEAU

cJcfe'EÀu nous sépare, écoute bien Si lu fais un pas, tu n'as rien.

Voici ma plus belle ceinture Elle embaume encor de mes fleurs.- Prends les parfums et les couleurs, Prends tout — Je m'en vais sans parure.

L'eau nous sépare, écoute bien :

Si tu fais un pas, tu n'as rien.

Sais-tu pourquoi je viens moi-même Jeter mon ruban sur ton sein?

C'est que tu parlais d'un larcin.

Et l'on veut donner quand on aime.

L'eau nous sépare, écoute bien :

Si tu fais un pas, tu n'as rien.

Adieu, ta réponse est à craindre, Je n'ai pas le temps d'écouler ;

Mais quand je n'ose m'arrêter, N'est-ce donc que toi qu'il faut plaindre?

Ce que j'ai dit, retiens-le bien :

Pour aujourd'hui, je n'ai plus rien I

i;iMAGE DANS L'EAU.

liË^ONTAiNE, fontaine, Ton eau coûte cher!

Quand lu serais pleine Du flot rare et clair Que je te vins prendre Un soir de l'été, Pourrais-tu me rendre Ce qu'il m'a coûté.

Fontaine attirante Sur ton frais miroir Quand la lune errante Passa pour te voir, Qu'ai-je vu paraître A ce doux flambeau?

Un rêve, peut-être; Mais qu'il était beaul

Fontaine enchantée, N'as-tu que pour moi

La force aimantée

Qui ramène à toi?

Ou bien,... quel dommage 1 Au fond de tes fleurs, Retiens-tu l'image Que troublent mes pleurs?

Fontaines railleuses

Qui troublez nos pas.

Aux voix curieuses Dites-vous, tout bas :

« La lune qui passe Sur deux fronts élus, Deux fois dans l'espace Ne les revoit plus. »

— -Vï^S^^S^S-!^—

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