‹ PoésiesChapitre 18 sur 23 · VERS A MADAME DE CH · texte numérisé non relu

VERS A MADAME DE CH

SUR DES TABLEAUX DE 1 l.tl IBS

J 'en jouis de ces fleurs si belles ; J'admire ce pinceau divin , Et ces roses si naturelles , Que le papillon incertain Viendra voltiger autour d'elles, L'abeille y chercher son butin.

Les fleurs ne brillent qu'un matin ; Les vôtres seront immortelles.

Ah ! si j'avois votre talent , Je peindrois un objet charmant , Paré des grâces du jeune âge,

33a PIÈCES

Qui plaît dès le premier instant, Et, chaque instant, plaît davantage; Dans l'amitié tendre et constant.

Sincère sans être imprudent, Naïf et fin , sensible et sage.

Aisément on devineroit Quel auroit été mon modèle ; Ch.... seule ignoreroit Que le portrait est d'après elle.

Ouelques soupçons, un instant de colère, Méritoieut-ils cet excès de rigueur?

Malgré mes torts , tu lisois dans mon cœur : En t'adorant pouvoit-il te déplaire ?

Dans tes regards je vois ton changement ;

L'expression d'un tendre sentiment N'anime plus ces yeux si pleins de charmes. Si de Doris je feins d'être l'amant , Tu ne vois rien , ou tu vois sans alarmes ; Si près de toi j'ai moins d'empressement, De ma froideur tu te plains froidement. C'en est donc fait, et je vais de mes larmes Payer toujours la faute d'un moment !

Ton amitié, dans cet état funeste, Soutient mon cœur; ce prix m'étoit bien dû. Je vais jouir de tout ce qui me reste, Et regretter tout ce que j'ai perdu.

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