‹ PoésiesChapitre 7 sur 23 · FAITS A UNE REPRESENTATION D ARMIDE · texte numérisé non relu

FAITS A UNE REPRESENTATION D ARMIDE

JN on, vous n'êtes point Armide.

Puisque Renaud fut vainqueur ; Dans vos yeux l'Amour réside , Il triomphoit dans son cœur.

Prèi à reprendre les armes.

Par les faveurs, par les larmes , Renaud n'est point attendri ; Et vous, sans art , mais plus belle, Vous l'auriez mieux asservi :

Vous eussiez été cruelle , Il ne seroit point parti.

ELEGIE

XLnfin je vais revoir ce cabinet tranquille Où l'Amour et les arts ont choisi leur asile ; Je verrai ce sopha placé sous ce trumeau Qui de mille baisers nous répétoit l'image; J'habiterai l'alcove où je rendis hommage A la beauté sans voile, à l'Amour sans bandeau. Là, Philis se livroit au bonheur d'être aimée ; Là, lorsque de nos sens l'ivresse étoit calmée, Attendant sans langueur le retour des désirs.

FUGITIVES. 28g

\ ii amour délicat varioit nos plaisirs.

Nous lisions quelquefois ces vers pleins d'harmonie

Où Tibulle exhala sa flamme et son bonheur :

Je t'adorai , Philis, sous le nom de Délie ;

Dans ces vers emportés tu reconnus mon cœur.

Que ce temps dura peu ! de fleurs à peine écloses

Le gazon de ces prés étoit entrelacé ,

Le printemps s'annoneoit par le retour des roses,

Par le printemps Mars étoit annoncé.

Pour suivre mon devoir dans une route obscure, Il fallut te quitter : quels moments ! quels adieux ! Je crus me séparer de toute la nature. Mais les pleurs des amants ont apaisé les dieux : Louis calme la terre ; il me rend à moi-même. Je ne vends plus mon temps aux querelles des rois ,

Et , tout entier à ce que j'aime ,

Je n'obéis plus qu'à tes lois.

L'un de l'autre enchantés dans ce vallon sauvage, Réunis par nos goûts , conduis-moi tour -à-tour De l'étude aux plaisirs , et des arts à l'amour :

C'est l'ennui qui le rend volage ; En l'occupant nous saurons le fixer ; Nous saurons de nos jours faire le même usage. Je ne sais (pie l'aimer, viens m'apprendre à penser .

Conduis ma jeune muse , et reçois en l'hommage ;

Sois à jamais de mes écrits

Le juge , l'objet , et le prix.

Que mon sort et mes vers n'excitent point l'envie ;

Qu'ils soient dignes de l'exciter.

Oublié désormais d'un monde que j'oublie ,

Te bien peindre, te mériter,

Te caresser , et te chanter ,

Sera tout l'emploi de ma vie.

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