‹ PoésiesChapitre 9 sur 23 · EPITRE A · texte numérisé non relu

EPITRE A

L)u ciel, Philis, vous eûtes en partage Des yeux très noirs, un très joli visage , Des bras, des mains, un teint, etcœtera. Vous chantez bien, votre voix est charmante; Mais cette voix deviendra plus touchante. Votre esprit plaît; mais votre esprit plaira Bien plus un jour. Je vous vois dans la danse Avec scrupule observer la cadence ; On vous approuve, on ne vous en dit rien. Sur le clavier, quand voire main brillante Joue avec art une pièce savante, On dit , l'hilis, que vous joue/ très bien ; Et voilà tout. Moi, je dis sans mystère Qu'à vos talents vous pouvez ajouter.

Même beaucoup. Ce n'est point là flatter;

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Mais je suis \rai. Si quelqu'un peut \ous plaire. Je le sens bien, Philis, j'en gémirai; Mais et: quelqu'un vous sera fort utile; Vous deviendrez tout d'un coup plus habile . Plus belle eneor : je vous en convaincrai. Premièrement, ces yeux dont la prunelle Dans sou repos éclate d'un beau noir.

Ces deux gTands veux qui ne savent que \oir, Auront d'abord une beauté nouvelle ; Ils regardoient; Philis, ils parleront.

En s'animant du feu de la pensée « Tous sentirez , et vos yeux le diront.

Vous ravirez une foule empressée D'amants nouveaux . au son de l'instrument Que votre main , plus légère et plus sûre. Dès cet instant parcourt plus vivement.

Les voyez-vous battre en chœur la mesure . Ou fredonner l'air tendre et gracieux Que vous jouez et qu'expriment vos yeux?

Si vous dansez , ils admirent vos grâces .

Cet air plus vif, cette tète , ces bras ;

La volupté semble tracer vos pas ,

Et mille Amours s'empressent sur vos traces.

Pins d'une belle enraye en ce moment .

Mais n'en dit mot, et vous fait romplinieut.

Quand j'entendrai votre bouche vermeille Chanter le dieu qui régnera sur vous, De votre voix les sons à mon oreille Seront alors plus touchants et plus doux ; Vous me verrez tomber à vos genoux.

Aimez, Philis, et vous serez parfaite ;

Si vous n'aimez, soyez du moins coquette.

J'ai jusqu'ici parlé pour votre bien ;

M'est-il permis de parler pour le mien?

Si vous sortez de l'état insipide

Où votre cœur languit dans ses beaux jours ,

Jeune Philis, souvenez-vous toujours

Que je m'offris à vous servir de guide.

En profitant de mes sages avis,

IN 'oubliez pas qu'ils méritoient un prix.

.le ne viens point demander pour salaire

Un cœur tout neuf qui s'effaroucheroit ;

Je vous ai dit comment vous pourrez plaire ,

Je vais chercher comment on vous plairoit.

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