‹ Poésies (volume 2)Chapitre 20 sur 72 · SO MES PREMIERS VERS · texte numérisé non relu

SO MES PREMIERS VERS

Le flls de Jéhovah se revêt de poussière , De ton flanc virginal il veut naître mortel ; C'est par toi que le ciel habitera la terre , Et la terre le ciel.

Quel désordre éclatant à mes yeux se présente ! Le maître des captifs vient partager le sort ; . Une vierge est féconde, une inortelle enfante Le vainqueur de la mort.

Malheureux fils d'Adam, dépouille-toi du crime : . Eve victorieuse a soumis les enfers ; Le vieux serpent vaincu se roule dans Tabîme, Et les cieux sont rouverts.

Mais, Vierge, tes douleurs ont surpassé ta gloire. Quels sanglots t'a coûtés le salut des humains ! Quel sang ont exigé, pour prix de la victoire. Les célestes desseins 1

Exempte du péché , tu connus nos alarmes ; Tu partageas nos maux , tu sais y compatir.

Quand on pleure avec toi, l'infortune a des charmes, La douleur son plaisir.

Est-il de lieu , de rang où la foi ne t'implore? Tu recueilles ses vœux, ses larmes et ses cris Des mers de l'Occident à celles de l'Aurore, Et du chaume aux lambris.

MES PREMIERS VERS. tl

A qui léguera-t-il ses sueurs et sa peine, Le pauvre laboureur d'enfants déshérité ?

Sa compagne t'invoque, et retourne certaine De sa fécondité.

La France périssait ; mais son auguste maître Te consacre en pleurant sa couronne de lis :

Heureuse et triomphante, elle verra paraître Le plus grand des Louis.

Un jour, ô jour affreux ! criminelle, abusée, Elle abolit le trône et ses antiques lois ; Mais captive bientôt , sur leur tombe brisée Elle pleure ses rois

Ce cèdre dont les cieux avaient reçu le faîte, Dont les rameaux joignaient Tun à Tautre horizon , Déplorable jouet d'une longue tempête , N'a plus qu'un rejeton.

Veille, veille sur lui , secourable Marie !

Qu'à ta voix dépouillant sa menaçante horreur, L'aube de l'avenir se montre à ma patrie Pure comme ton cœur !

Que sur nous éteignant la foudre vengeresse.

L'ange de tes bontés, étoile du matin, Pe ses ailes d'azur protège la jeunesse Du royal orphelin !

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