ISI LE PHILTRE
Lorsque dans nos jardins tu t'assieds sur un banc, Soudain je te devine au bout de ton ruban
Qui flotte à travers la charmille ; Et mes amis alors me disent : « Étourdi !
« Tu ne réponds jamais à ce que Ton te dit. »
Rends-moi mon âme, jeune fille !
C'est qu'alors mon esprit voltige autour de toi , Que je voudrais en vain le rappeler à moi :
Il baise, ta bouche gentille.
Se joue avec la brise entre tes beaux cheveux , Et s'enivre et s'oublie aux rayons de tes yeux.
Rends-moi mon âme, jeune fille I
Astre consolateur de mes sombres ennuis, Ton image charmante illumine mes nuits
Du doux éclat dont elle brille ; Mais le réveil me voit, triste et dépossédé.
Pleurer comme un enfant, sur mon lit accoudé.
Rends-moi mon âme, jeune fille I
Car quelle bouche d'or raconterait mon rêve.
Quand le nuage ami dans les airs nous enlève , Quand, mollement couché sur ce lit de vapeurs Que nuancent du jour les mobiles couleurs.
Ton corps, que voile à peine une légère gaze ,