‹ Poésies (volume 2)Chapitre 51 sur 72 · ISI LE PHILTRE · texte numérisé non relu

ISI LE PHILTRE

Lorsque dans nos jardins tu t'assieds sur un banc, Soudain je te devine au bout de ton ruban

Qui flotte à travers la charmille ; Et mes amis alors me disent : « Étourdi !

« Tu ne réponds jamais à ce que Ton te dit. »

Rends-moi mon âme, jeune fille !

C'est qu'alors mon esprit voltige autour de toi , Que je voudrais en vain le rappeler à moi :

Il baise, ta bouche gentille.

Se joue avec la brise entre tes beaux cheveux , Et s'enivre et s'oublie aux rayons de tes yeux.

Rends-moi mon âme, jeune fille I

Astre consolateur de mes sombres ennuis, Ton image charmante illumine mes nuits

Du doux éclat dont elle brille ; Mais le réveil me voit, triste et dépossédé.

Pleurer comme un enfant, sur mon lit accoudé.

Rends-moi mon âme, jeune fille I

Car quelle bouche d'or raconterait mon rêve.

Quand le nuage ami dans les airs nous enlève , Quand, mollement couché sur ce lit de vapeurs Que nuancent du jour les mobiles couleurs.

Ton corps, que voile à peine une légère gaze ,

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