LA SOMNAMBULE
— Mai 4839. —
Voyez à travers le feuillage :
C'est elle. . . Mais au moins ne la réveillez pas !
Vous lui donneriez le trépas.
Comme la lune éclaire son visage !
Comme ses beaux cheveux flottent au gré du vent !
De son sein Talbâtre mouvant Monte et descend , pareil à la vague marine ; La harpe est entre ses genoux.
On dit que sa voix est divine ; Elle va chanter : taisons-nous.
ç< nuit ! épanche ta rosée !
Mon front se courbe de langueur ; Je suis semblable à cette fleur Que dans un jour brûlant on n'a pas arrosée.
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a Soulageons-nous des contraintes du jour.
Que mon cœur enfin se révèle ; Zéphyr, que le bruit de ton aile Soit un frémissement d'amour !
« Dis-moi ce qu'un amant à celle qu'il adore Peut dire de plus dôiîx, de plus délicieux ; Étreins-moi mollement... Je soupire; tu peux Calmer le mal qui me dévore.
Ma bouche s'ouvre à ton souffle charmant; Je te livre ma chevelure, Les tissus de mon vêtement , Le nœud qui retient ma ceinture; Je te livre...... »
L'aveu demeure inachevé ; La nocturne beauté ne dit plus autre chose.
Sur l'instrument muet sa tète se repose ; De mouvements plus prompts son sein est soulevé , L'on entend s'agiter ses deux lèvres de rose. . . Mais on n'a pu savoir ce qu'elle avait rêvé.
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Ma vie était semblable au lac tranquille et pur Qui reflète du jour le nuage et Tazur, Les astres dont la nuit scintille : Et je ne sais sur moi quelle haleine a soufflé , Mais dans ses profondeurs tout mon être est troublé. ' Rends-moi mon âme, jeune fille !
Ma lèvre souriait des larmes des amours ;
Je marchais le front haut , comme Ton a toujours
Marché dans ma pauvre famille ; Et maintenant mon œil est humide et rêveur, Ma tête tristement se penche sur mon cœur.
Rends-moi mon âme, jeune flUe !