SOUVENIR D' UN SOIR. * I4S
Les parfums dont les fleurs à la nuit faisaient don , D'une vague harmonie agitait le feuillage Et faisait tomber FÂme en un mol abandon.
Et celle que j'aimais d'une amitié naïve, Qui m'aimait à son tour comme eût fait une sœur. Languissante, pencha sa tête sur mon cœur.
Et me serra la main d'une étreinte plus vive. « Jamais, dit-elle, ami, la brise à mes cheveux
a N'a fait si suave caresse , a Et des sphères du. ciel l'hymne silencieux
«Ne me versa pareille ivresse !
a D'un délice inconnu tout mon être est saisi ,
«Et, dans l'extase qui l'oppresse, a Mon âme est prête à demander merci ! »
Elle se tût ; son œil abaissa sa paupière ; Et, glissant à travers la touffe bocagère.
Sur sa bouche entr'ouverte et sur son front charmant
L'astre des nuits fit tomber sa lumière; Et, ressentant soudain même ravissement ,
Je la trouvais mille fois plus jolie.
Et je baisais sa main , tombais à ses genoux ; Et de mes premiers jours la compagne chérie, Dès ce moment divin , ne fut plus mon amie.
Mais quelque chose de plus doux.
Et depuis lors, j'ai vu mourir plus d'une fête. Goûté de plus d'un soir la suave splendeur ; Mais, de tous ceux dont l'ombre a passé sur ma tête, Celui-là seulement est resté dans mon cœur.
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A m DX IdJLiSMTm.
— Mars 181t. «
Poëte au regard d'aigle, Hersehell harmonieux Qui mets d'autres soleils aux poétiques oieux , Qui , ravisseur d'un rhythme enfermé dans la nue, Fais vibrer sur la lyre une corde inconnue, Fixes dans notre esprit cet hymne sans pareil Qu'on entendait en rêve et cherchait au réveil , Cet hymne qu'à travers la nuit et le mystère Les anges rarement confiaient à la terre, Est-il vrai que ta lettre a daigné m'envoyer Que tu viendrais t'asseoir à mon humble foyer
U8 MMEâ.
Et visiter nos champs, notre ville embellie ,
Ce fragment détaché des bords de l'Italie,
Où le ciel , se peignant d'un éternel azur,
Est presque monotonfe à force d'être pur ,
Où , tout intelligence, on ne vit que par Tâme,
Où sous des cheveux noirsbrillent des yeux de flamme.
Où la misère sobre, et portant la fierté
Que donne à ses enfants le Dieu de vérité.
Dédaignant le nectar qui pend à nos collines.
Convive de la foi, s'enivre de doctrines.
N'arme jamais son bras pour demander du pain ?
Ce n'est que de l'esprit qu'elle ressent la faim.
Peut-être on t'aura dit que, dans sa frénésie, L'émeute, ayant che2 nous le droit de bourgeoisie, Hurle en nos boulevards, comme en un cirque ardent Un taureau furieux qu'a frappé le trident ; Mais, dans nos tristes jours, quel ciel est sans orages ? Quelle mer de ses flots n'ébranle ses rivages? Quel sol ne retentit des plaintes du tombeau ? Quel fleuve de remords n'entend gémir son eau? Ah ! viens pour adoucir nos âmes indomptables Comme ces vents du nord qui soulèvent nos sables ! Ta lyre, célébrant la concorde pour nous, Grand homme, nous verrait tomber à tes genoux. Viens ! ici tout t'attend pour t'oflrir une fête : Les lauriers de nos champs pour ombrager ta tête , La muse, qui jadis eut un temple en ce lieu ,