‹ Poésies (volume 3)Chapitre 42 sur 68 · PROMENADE SUR MER · texte numérisé non relu

PROMENADE SUR MER

A dit a mon oreille un esprit généreux.

Ainsi de notre vie ; en ce secret asile ,

Le cours s’achèverait transparent et tranquille ;

Dans le sein du bonheurnous nous verrions vieillir : La mort meme ? la mort ne viendrait nous cueillir Que comme un fruit mûri dans la saison d’automne ; Non pas dans l’appareil que la terreur lui donne , Mais calme et revêtant la fraîche majesté De la nuit qui descend sur un beau jour d'été.

Mais je parle du ciel , et la terre m’appelle ,

Les tours de la cité sonnent l’heure cruelle Où ton père inflexible a fixé ton retour.

Ah ! quand le temps se sert des ailes de l'amour ,

Sur les pauvres humains comme il passe rapide !

Déjà l’esquif par toi se détourne et me guide Vers ces murs dont le bruit commence a me saisir ,

Et que j'avais laissés avec tant dn plaisir.

PROMENADE SLR MER.

2,‘iû -

Pourquoi, pourquoi le ciel te créa-t-il si belle?

Ainsi qu’aux temps passés si quelque bonne Urgèlo

Accomplissait les vœux en amour . oh ! mon bien

Serait que ton regard ne charmât que le mien .

Avant de me quitter que ta bouche m’assure Par tout ce qui déteste ou punit le parjure ,

Par le ciel et l’enfer, par les sylphes charmans Qui font joindre le soir les lèvres des amans ,

Par le poignard caché sous le manteau farouche Qui va d’un infidèle ensanglanter la couche ,

Que jamais... Mais ces mots outragent : je maudis Cette crainte infernale au sein du paradis !

Ah ! le jaloux amour s’accable de lui-même.

Mais je le vois , tu prends en pitié mon blasphème , Ton sourire me dit que tu sais pardonner : —

A cet heureux espoir j’aime a m’abandonner.

Adieu... mais a demain songe, ma bien-aimée ,

Que ma barque t’attend a l’heure accoutumée.

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