PROMENADE SUR MER
A dit a mon oreille un esprit généreux.
Ainsi de notre vie ; en ce secret asile ,
Le cours s’achèverait transparent et tranquille ;
Dans le sein du bonheurnous nous verrions vieillir : La mort meme ? la mort ne viendrait nous cueillir Que comme un fruit mûri dans la saison d’automne ; Non pas dans l’appareil que la terreur lui donne , Mais calme et revêtant la fraîche majesté De la nuit qui descend sur un beau jour d'été.
Mais je parle du ciel , et la terre m’appelle ,
Les tours de la cité sonnent l’heure cruelle Où ton père inflexible a fixé ton retour.
Ah ! quand le temps se sert des ailes de l'amour ,
Sur les pauvres humains comme il passe rapide !
Déjà l’esquif par toi se détourne et me guide Vers ces murs dont le bruit commence a me saisir ,
Et que j'avais laissés avec tant dn plaisir.
PROMENADE SLR MER.
2,‘iû -
Pourquoi, pourquoi le ciel te créa-t-il si belle?
Ainsi qu’aux temps passés si quelque bonne Urgèlo
Accomplissait les vœux en amour . oh ! mon bien
Serait que ton regard ne charmât que le mien .
Avant de me quitter que ta bouche m’assure Par tout ce qui déteste ou punit le parjure ,
Par le ciel et l’enfer, par les sylphes charmans Qui font joindre le soir les lèvres des amans ,
Par le poignard caché sous le manteau farouche Qui va d’un infidèle ensanglanter la couche ,
Que jamais... Mais ces mots outragent : je maudis Cette crainte infernale au sein du paradis !
Ah ! le jaloux amour s’accable de lui-même.
Mais je le vois , tu prends en pitié mon blasphème , Ton sourire me dit que tu sais pardonner : —
A cet heureux espoir j’aime a m’abandonner.
Adieu... mais a demain songe, ma bien-aimée ,
Que ma barque t’attend a l’heure accoutumée.
(6 Ile rst illalaïre.
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