‹ Poésies (volume 3)Chapitre 43 sur 68 · ELLE EST MALADE · texte numérisé non relu

ELLE EST MALADE

Si jamais (que ce jour se tienne loin encor ! )

Si , repliant ton cou sous l’aile de la mort ,

Tu t’endormais ; 6 ma co’ombe ,

De balcon en balcon je n’ira's pas le soir Chanter afin qu’une autre a mes yeux se fît voir ; Mais j’irais m’asseoir sur ta tombe.

Et là , le front baissé , les yeux mouillés de pleurs Je te réveillerais sous mes vives douleurs Et le bruit de ton vol funèbre ;

En passant à travers le saule aux longs cheveux , Me serait préférable aux plus tendres aveux

De la beauté la plus célèbre.

Apparition.

Novembre 1835. —

APPARITION

Oli ! pourquoi dans mes nuits jeter ainsi l’angoisse Du cercueil immobile intervertir la loi?

J’ai fait pourtant brûler un cierge a la paroisse ,

Et l'office divin y fut chanté pour toi.

APPARITION

Ce <]uc pour ton repos le rituel ordonne ,

Je l’ai fait accomplir avec un soin pieux ;

Sur le seuil de ma porte on a donné l’aumône Qui calme les tourmens et fait ouvrir les deux.

De l’oubli de ton deuil ne doit naître ta peine ; Le plaisir ne m’a pas trouvé sur son chemin ; D’avides héritiers dans tes coffres d’ébène Pour ravir tes joyaux n’ont pas porté la main.

Les lieux d’où le trépas te fraya ton passage De mornes appareils sont encor tout remplis.

Le miroir dont l’éclat renvoyait ton image ,

De ses longs voiles blancs n'a pas quitté les plis ;

Ta lampe sèche d’huile y pend , l'a , sans lumièr Et la couche est encor comme tu la laissa ;

Sur le triste parquet repose la poussière Qu’y lit tomber le jour où ton œil s'éclipsa.

APPARU ION

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