‹ Poésies (volume 3)Chapitre 64 sur 68 · BOHÉMIENNES · texte numérisé non relu

BOHÉMIENNES

Ni mes, 1 83è» —

A il. COLIN.

,a poésie en est dégoûtante , mais forte :

Jn terrain semé d’os , une eau gluante et morte )ue le soleil corrompt et ne peut dessécher ; /oisin de l'abattoir et de la grande route , le lieu 1 n’a qu’un gazon misérable et que broute ,e reste d’un troupeau, conduit par un boucher.

\. Le Cadereau , bivouac ordinaire des Bohémiens à Nîmes.

r,2i A M. COLIN.

L’olivier maladif , à ses branches chétives ,

N'y montre , en la saison, que de rares olives ,

Et si maigres que l’œil souffre a les regarder ;

Son tronc se rabougrit, a la poussière en proie , Comme l’enfant trouvé que Manchester envoie Vieillir avant le temps dans lusine a carder.

La, sous l’arche d’un pont par ses feux calcinée,

Vit des Bohémiens la tribu basanée ,

Pêle-mêle avec l’âne aux flancs secs et velus.

Des femmes aux cheveux crépus, aux mains suspectes, Dépècent des quartiers de charognes infectes Que les chiens ont flairés et qu'ils n’ont pas voulus.

La j’ai vu s’accroupir tes deux vieilles sorcières ,

Et lu sur leurs fronts noirs , dans leurs fauves paupière Le drame que l’enfer a joué dans leur cœur :

Feux lubriques soufflés sur la vierge novice ; Nouveau-né que l’on sèvre avec un maléfice Et qui , dans quelques jours , se décolore et meurt.

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