LA BARQUE OU PÊCHEUR
Ainsi chaque matin, trompant ses espérances, La mer ne lui montrait que des déserts immenses, Dans son vaste horizon nul point consolateur; Seulement la mouette à la voix funéraire Effleurait dans son vol la vague solitaire ! Et toujours s'éloignait la barque du pêcheur.
Mais sa joue a brillé d'une larme joyeuse ! Il voit dans le lointain de Tonde vaporeuse
Une voile il bénit le ciel libérateur;
Mais pareil à l'éclair qui luit et qui s'efface, Le vaisseau désiré disparaît dans l'espace. Et toujours s'éloignait la barque du pécheur.
Et le sud redoubla ses fougueuses haleines ;
Et dans le fond glacé des régions lointaines,
Où six mois de l'hiver domine la stupeur,
Où la vague durcie au rivage s'enchaîne,
Où semblent vivre seuls Tours blanc et la baleine,
Se perdit comme un trait la barque du pêcheur.