QUI M'ONT ADRESSÉ DES VERS
Où son désir de gloire est pareil à l'affront Qui fait que l'ame est triste et qu'on baisse le front ; Où le mépris de soi nous rend d'humeur si sombre, Que Ton voudrait pouvoir s'arracher de son ombre ; Où l'on porte la lyre en dessous du manteau, Gomme un brigand ferait d*un ignoble couteau; Où l'ardeur qui nous brûle est amère folie; Où tout ce qu'on entend et voit nous humilie; Où dans chaque sourire et dans chaque coup d'œil On croit voir un brocard tomber sur notre orgueil , Tout le ricanement du démon de la prose; Où tout ce que le monde a de sot nous impose; Où l'œuvre la plus belle est un enfant de mal Qu'il faut jeter de nuit au tour d'un hôpital. Oh ! qu'il est bon alors que quelque ami sublime Au talent qui rougit rende sa propre estime , Ramène dans le ciel son esprit qui s'abat, Et, faisant à ses yeux luire son propre éclat, Lui fasse incontinent, de sa main qui défaille, Palper son diadème, ou mesurer sa taille.