QUI M'ONT ADRESSÉ DES VERS
A TOUS CEUX
Ctitt m'ont abvem lut* Dm.
Je le sais, au festin servi par la louange,
Le poète pieux parfois s'oublie et change,
Et reçoit, sur l'autel qu'il s'élève en son cœur,
Un encens qu'il devrait renvoyer au Seigneur,
Qui de la poésie est la source première*
Et dont tout l'art humain n'est qu'un froid plagiaire;
A celui qui jeta l'existence au néant
Comme un manteau superbe au dos d'un mendiant
Sublime créateur du merveilleux poème,
350 A TOUS CEUX
Qui, changeant ses accords, reste toujours le même; Chantre vraiment divin dont l'œuvre illimité Fait prendre au sérieux son immortalité, Dont la lyre épancha de ses cordes fécondes Des strophes de soleils et des hymnes de mondes, Et dont l'ombre, en passant, sur leur immensité Dispensa la splendeur, la vie et la beauté. Oh! la muse qui tombe en cette idolâtrie, Veuve des eaux du ciel, sera bientôt flétrie; Du SUPERBE YIOL dont parle Alighieri, Son orgueil s'est repu, mais son ame a péri : Emule de Satan , son cantique sublime, Commencé dans le ciel, se finit dans l'abîme ; Et, fils de la lumière, adopté par la nuit, Il enrichit l'enfer de son farouche ennui.
Mais aussi le poète a ses momens de doute, Où tout ce qu'il produit l'ennuie et le dégoûte ;