‹ Poésies (volume 5)Chapitre 13 sur 63 · CONSOLATION SUR L'OUBLI · texte numérisé non relu

CONSOLATION SUR L'OUBLI

Inviter toute lèvre à goûter de ce miel

Qui donne sur la terre un avant-goùt du ciel î

Et je mourrai content, et srtr de récompense ,

Ainsi que ces bienfaits offerts à l'indigence,

D'où l'ombre se rapproche et le bruit se tient loin ,

Et qui n'ont ici-bas que Dieu seul pour témoin.

Le rossignol caché sous la feuillée épaisse,

Avant de dérouler sa voix enchanteresse,

S*informe-t-il s'il est dans le lointain des champs

Quelque oreille attentive à recueillir ses chants?

Non, il jette au désert, à la nuit, au silence ,

Tout ce qu'il a reçu de suave cadence.

Si la nuit, le désert, le silence sont sourds,

Celui qui l'a créé, l'écoutera toujours.

Toute fleur ne naît pas, brillante sur nos rives ,

Pour le sein des amours ou le front des convives ,

Pour tomber sous les doigts d'un jeune Eliacin ,

Et parer de festons les voûtes du lieu saint.

Ah ! loin d'en être ainsi, le sort du plus grand nombre

Est de naître, briller, et se flétrir dans l'ombre ,

CONSOLATION SUR L'OUBLI. :kS

De laisser voltiger leur dépouille en commun ,

D'abandonner au vent une hymne de parfum ,

Sûre de s'exhaler vers la suprême essence

Que proclament les cieux et que la terre encense !

Combien de diamans , dans la terre enfouis ,

Ne brilleront jamais aux regards éblouis!

Que déjeunes beautés, ravissantes colombes,

Sans passer par l'hymen descendront dansleurs tombes!

Que de germes éclos aux rayons du soleil,

A peine réveillés, rentrent dans \<i sommeil !

Lajuort, de tant de morts nullement assouvie,

Veille comme un dragon aux portes de la vie ;

La moitié des destins s'accomplit seulement.

Et tout n'est ici-bas qu'un grand avortement.

Oh! qui justifiera cette injustice immense I...

Mais la terre n'a point toute notre existence.

Ne nous abattons point, si mon luth inspiré

Des Immmes pour toujours doit rester ignoré;

Si l'indignation en surprend la pensée,

Oh! ce sera, mon ame, une plainte insensée,

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Un moment écoulé dans l'oubli du Seigneur,

Qui, comme un vent de mort, nous passe sur le cœur.

La lyre ne doit pas te rendre infortunée;

Remercions le ciel de nous l'avoir donnée;

Il est quelque plaisir qu'elle nous fait goûter,

Et tu t'épanouis en l'écoutant chanter 1

Et mon front soucieux éclaircit ses nuages ,

Comme au son de l'airain avortent les orages.

Les ombres de l'oubli préservent de l'orgueil.

Et la célébrité n'est qu'un plus grand écueil.

Un grand nom coûte cher dans les temps où nous sommes

Il faut rompre avec Dieu pour captiver les hommes.

La gloire, trop souvent, apparaît sur un front.

Comme germe le doute au cœur qui se corrompt, "^

Gomme l'on voit sortir des raoissons plus fécondes

D'un terrain humecté par des vagues immondes.

Que d'esprits, transportés sur la cime du mont.

N'ont pas pu résister aux pompes du démon ,

Et, pour s'approprier des royaumes célèbres,

Ont adoré les pieds de l'ange des ténèbres !

CONSOLATION StR L'OUBLI.

De mon aslre soumis loin des destins pareils! Hélas! mes yeux ont vu tomber tant de soleils! Si je venais jamais à franchir la limite, Ramène-moi, mon Dieu, dans la borne prescrite ; Car l'esprit une fois échappé de ta main Se fatigue à bondir et ne fait nul chemin.

LE TROUBADOUR D'OCCITAN lE.

ffc ®r0ubaî>0ur b*®cfitanie.

Toque de moire , aigrette blanche , Ornaient son front toujours serein ; OEil doux et vif, allure franche :

Il avait le cœur sur la main.

Désirs orgueilleux de sa vie Ne troublent la félicité; Il voit le manoir sans envie, Et la chaumière sans fierté.

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