L'HIRONDELLE DU TROUBADOUR
Oiseau de longue connaissance , Ah! dis-moi, quand reviendras-tu Me ranimer par ta présence?
Je suis, hélas! de ton absence Tout abattu.
Tu sais combien ma joie éclate , Quand tu reparais sous nos cieux ; Quand l'anneau d'étoffe écarlate, Qui ceint ta jambe délicate, Brille à mes yeux;
Nul autre mortel, je t'assure, Ne t'offrira meilleur destin ; J'étais presque de ta nature , Nous partageons même toiture Et même pain.
Quand la naïve damoiselle, Du doigt indiquait notre tour,
L'IlIRONDELLl!: DU ÏIIOUDADOIJR. 09
Lù-haut demeure, disait-elle.
Et chante avec son hirondelle Le troubadour.
Pour te recevoir, ma l'enôtre Est toujours ouverte à rlemi ; Qui peut t'empôcher d'y paraître?
Crains-tu de retrouver un maître Dans ton ami?
Non, tu ne m'es pas infidèle :
Les serres d'un cruel vautour T'auront d'une étreinte mortelle Surprise , ô ma pauvre hirondelle !
A ton retour.
Ou volant à perdre courage, Pour traverser d'immenses eaux. Sur quelque perfide équipage \s-lu rencontré resclava";e Pour le repos?
70 LUlllONDELLE DU TIIOUBADOL'R.
N'a-t-il pas craint pour son navire.
L'impitoyable ravisseur?
Car j'ai toujours entendu dire, Oiseau du ciel , que de te nuire Porte maliieur.
Hélas! dans la campagne immense ^ La fleur va faire place au fruit, De jour en jour l'été s'avance.
Et de te revoir l'espérance S'évanouit.
Ma voix si joyeuse et si vive N'aura plus que de tristes chants; Infidèle, morte, ou captive.
Ta perte la rendra plaintive Pour bien long-temps.
IIT.S PREMIERS VERS
A LA VIERCIE.
illrs premiers Ucrg»
Toi, que célèbre aux cieux l'harmonie étcrnclie Des archanges ravis, des séraphins ardens, Vierge, accepteras-tu d'une lyre mortelle Les profanes accens?
Oh! toujours indulgente envers la créature, ïu les accepteras, mais pourrais-jc jamais Exalter dignement, reine de la nature, Tes immenses bienfaits î
L'univers languissait dans une nuit profonde : La voix de l'Eternel promet un jour serein. O céleste Orient, la lumière du monde Sortira de ton sein.