MES PREMIERS VERS
Le fils de Jôhovaîi se revêt de poussière ; De ton flanc virginal il veut naître morte! ; C'est par toi que le ciel habitera la terre Et la terre le ciel.
Quel désordre éclatant à mes yeux se présente! Le maître , des captifs vient partager le sort; Une vierge est féconde , une mortelle enfante Le vainqueur de la mort.
Malheureux fils d'Adam, dépouille-toi du crime, Eve victorieuse a soumis les enfers; Le vieux serpent vaincu se roule dans l'abîme, Et les cieux sont rouverts.
Mais, Vierge, tes douleurs ont surpassé ta gloire. Quels sanglots t'a coûté le salut des humains ! Quel sang ont exigé pour prix de la victoire Les célestes desseins !
MES FRKMIEKS VEitS. Ti
Exempte du péché , tu connus nos alarmes; Tu partageas nos maux , tu sais y compatir. Quand on pleure avec toi, l'infortune a descliarmcs, La douleur son plaisir.
Est-il de lieu , de rang, où la foi ne t'implore? Tu recueilles ses vœux, ses larmes et ses cris, Des mers de l'Occident à celles de l'Aurore , Et du chaume aux lambris.
A qui lôguera-t-il ses sueurs et sa peine, Le pauvre laboureur d'enfans déshérité?
Sa compagne t'invoque, et retourne certaine De sa fécondité.
La France périssait; mais son auguste maitre Te consacre en pleurant sa couronne de lis; Heureuse et triomphante, elle verra paraître Le plus grand des Louis.