‹ Poésies (volume 5)Chapitre 17 sur 63 · MES PREMIERS VERS · texte numérisé non relu

MES PREMIERS VERS

Le fils de Jôhovaîi se revêt de poussière ; De ton flanc virginal il veut naître morte! ; C'est par toi que le ciel habitera la terre Et la terre le ciel.

Quel désordre éclatant à mes yeux se présente! Le maître , des captifs vient partager le sort; Une vierge est féconde , une mortelle enfante Le vainqueur de la mort.

Malheureux fils d'Adam, dépouille-toi du crime, Eve victorieuse a soumis les enfers; Le vieux serpent vaincu se roule dans l'abîme, Et les cieux sont rouverts.

Mais, Vierge, tes douleurs ont surpassé ta gloire. Quels sanglots t'a coûté le salut des humains ! Quel sang ont exigé pour prix de la victoire Les célestes desseins !

MES FRKMIEKS VEitS. Ti

Exempte du péché , tu connus nos alarmes; Tu partageas nos maux , tu sais y compatir. Quand on pleure avec toi, l'infortune a descliarmcs, La douleur son plaisir.

Est-il de lieu , de rang, où la foi ne t'implore? Tu recueilles ses vœux, ses larmes et ses cris, Des mers de l'Occident à celles de l'Aurore , Et du chaume aux lambris.

A qui lôguera-t-il ses sueurs et sa peine, Le pauvre laboureur d'enfans déshérité?

Sa compagne t'invoque, et retourne certaine De sa fécondité.

La France périssait; mais son auguste maitre Te consacre en pleurant sa couronne de lis; Heureuse et triomphante, elle verra paraître Le plus grand des Louis.

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