A Reims, la croix fut Irainec dans un cabaret
A M. SKiALOX,
SIR SON DKPAIV! POIU UOMI
Juin 18"). —
21 m. SiiuUtin,
« Quand on asjtirc à l'iniinoiialité, c'esl une grande avance que d'ùtie chiiîlien. » C r.iixTBAUBAïAsi), sur les voy.'iy;cs de M. ue ^'oRl;l^ au Levant.)
Et tu vas te livrer a la vague marine
Fière encor du sillon qu'y laissa Lamartine,
De l'art religieux sublime pèlerin !
Tu vas voir cette Rome aux illustres poussières,
Qui rouvre dans la mort de divines paupières ,
Et dont le cercueil même est encor souverain!
11)6 A M. SKiALOiN.
Si son aigle n'a plus la terrible prunelle , Dont l'éclat foudroyant, l'homicide étincelle , Aux peuples effrayés faisait baisser les yeux : A tous ceux dont le cœur est vide d'espérances , Elle offre pour abri ses deux ailes immenses, Comme son panthéon s'ouvrait à tous les dieux.
Toute grandeur déchue habite ses ruines : Le siège de celui qu'on couronna d'épines Doit être en harmonie au front découronné ; Rien n'y saurait blesser une altière disgrâce : La tombe des héros est la plus noble place Où peut venir s'asseoir un grand infortuné.
Quand la raison humaine erre en sa route sombre , Aveugle qui tâtonne et cherche eu vain dans l'ombre Du bout de son bâton le mur qui la conduit ; Quand ténèbres et vide habitent seuls l'espace ; Quand le doute épuisé tombe et reste à la place Où l'avaient amené le hasard et la nuit;
1 A M. SIGALON. i07
Oli ! Rome encor n'a point fini ses destinées :
Elle repeuplera ses nels abandonnées ,
Et les esprits verront son fanal rebrillcr;
Ils se retrouveront à sa lueur amie;
Et pour se reposer de leur longue insomnie ,
Ils redemanderont son divin oreiller.
Salut en abordant à ce sacré rivage !
A cette autre patrie il te faut rendre hommage,
Sigalon! Le Nlmois est à demi romain :
Sa ville fut aussi la ville aux sept collines;
Un beau soleil y luit sur de grandes ruines,
Et l'un de ses enfans se nommait Antonin.
Ah! loin d'humilier la veuve en sa cellule,
De l'ignoble dédain du sourire incrédule ,
Des lèvres de Ferney plagiat odieux ,
Qu'un saint enthousiasme en ses murs t'accompagne ;
Souviens-toi que la foi transporte la montagne :
Ton pinceau sera grand, si ton cœur est pieux.