‹ Poésies (volume 5)Chapitre 38 sur 63 · UN SOIR D'HIVER · texte numérisé non relu

UN SOIR D'HIVER

Quand, le pan du manteau jeté sur le visage, On va l'esprit distrait par cet aecord errant; Qu'on voit à chaque coin , vous barrant le passage , Un homme, chapeau bas , qui vous dit en pleurant ;

c( Si je n'avais chez moi que ma propre misère « A des jours malheureux j'aurais déjà mis fin ; « Mais le ciel m'envoya des enfans, je suis père : « Donnez-moi quelques sous pour apaiser leur faim ! »

Et que Ton voit pourtant des lustres des soirées Les fenêtres en feu changer la nuit en jour. Et de jeunes beautés élégamment parées L'ombre voluptueuse y passer tour a tour;

Que l'on entend rouler l'opulente voiture Qui fait briller l'éclat de son double fanal , Gomme sur un sein nu les yeux de la luxure. Lorsque le bal s'échauffe et fait quitter le schall.

UN SOIR DIIIVEK. ?«

Que le théâtre au lain, à pleine galerie, Comme rintempôrance après les grands festins, Dégorge par un drame une foule attendrie De puissans usuriers et de riches catins.

Alors, du cceur saignant l'indignation folle Comme remède encor prescrirait le poison. Et ne sait si la pique avec la carmagnole Dans son rêve sanglant avait tort ou raison.

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