L'ESPRIT ET LES SEIHS
Cetlc paix qu'ici-bas rien ne pouvait lui rendre, Objet de cet ennui qu'il ne pouvait comprendre, Qui faisait que son front séchait toutes les fleurs, Et que sa joie aussi s'exprimait par des pleurs ! Vienne, vienne bientôt le jour, l'instant prospère Où de l'ame et du corps le divorce s'opère ! Car la vie est la mer où le flot bat le flot; C'est un char enrayé d'un bois de javelot, Attelé par devant , attelé par derrière, Et qui doit cependant parcourir la carrière ! C'est le plaisir toujours compagnon du remord, C'est un homme vivant qu'on lie avec un mort , Et qui doivent ainsi vivre et pourrir ensemble , Jusques à ce qu'usant le nœud qui les rassemble , Et retournant tous deux à leur propre élément. Rentrent l'un dans la vie et l'autre au monument. Et tu nous v^ois pourtant pleurer sur quelques heures Qu'il nous reste à passer en ces tristes demeures, Tant notre esprit esclave en son obscurité Ressemble au vieux captif qu'on met en libertés