L'ESPRIT ET LES SENS. V^Z
A force (l'habiter l'onde f(';tide et noire, Des splendeurs du soleil il n'a plus la mémoire ; Sa prison exiguë est un monde à ses yeux, Dont il pouvait toucher l'horizon et les cieux; Il ne peut concevoir que des mains inhumaines Le fassent tant souffrir pour dériver ses chaînes ; Il craint d'abandonner sa couche de sapin ; Il emporte avec lui le rcst€ de son pain ; De stupides regrets humectent sa paupière , Jusques à ce qu'enfin, l'inondant de lumière. Le ciel à son regard déroule son azur, Et fasse en sa poitrine entrer un air plus pur. Alors il baise avec d'ineffables délices ^
La main qui vient de mettre un terme à ses supplices. Sa lèvre est tout éloge, et son cœur tout amour Pour le mortel qui vient de l'enfanter au jour. Ah ! quand je sonderai , dans l'ombre et le silence, Des routes de la mort la profondeur immense. Et que j'en reviendrai pûle et déliguré , Ainsi que le coursier de terreur effaré,