‹ Poésies (volume 5)Chapitre 57 sur 63 · L'KSPKIT ET LES SENS · texte numérisé non relu

L'KSPKIT ET LES SENS

Qui laisse son navire aller à tous les vcnls;

A l'esclave accablé d'une longue carrière

Qui , sur le grand chemin dont il boit la poussière ;

Laisse là le fardeau dont il est harassé,

Et dort, indifférent, sur l'herbe d'un fossé.

Qu'au retour au logis , que son repos diffère,

Un maître impatient l'immole à sa colère.

Ah ! quand je flotterai de l'esprit à la chair,

Que le premier l'emporte et me soit le plus cher !

Car c'est bien vainement que l'homme délibère

De fuir sans ton secours le mal qui nous obère.

Mon Dieu que j'en triomphe en toute occasion ,

Crainte que , me livrant à la dérision ,

Si ma leçon n'était de l'exemple suivie ,

Le méchant ne se dise : Il vit de notre vie,

Et dans tous ses discours il vient effrontément

Nous vanter son amour pour la sagesse : il ment î

Et tu sais cependant si mon ame est sincère

A désirer ton règne au ciel et sur la terre ;

Si mon œil , ébloui d'une vaine clarté ,

eot; L ESPRIT ET LES SENS.

Renia des autels la sainte obscurité ; Si le blasphème altier m'imposant son délire Put jamais arracher un seul son de ma lyre; Si les profanateurs, dans leurs jours triomphans. M'ont jamais fait rougir d'être un de tes enfans. Tu sais quelle tristesse en secret me consume , Tristesse dont toi seul peux savoir l'amertume. Chaque fois que le siècle a, d'un ton solennel, Prophétisé la fin de ton règne éternel ; Quand sa science impie, étendant son ravage, De tes livres sacrés efface quelque page; Et quand dans mon esprit passe le doute impur,,. Gomme un nuage noir sur un beau ciel d'azur ; Si je n'apporte pas dans son ombre grossière Du flambeau de la foi l'éclatante lumière; Si je ne brise pas ma superbe raison.

Gomme le vase impur qu'a souillé le poison î J'ai tout mis à tes pieds, Seigneur, et la justice Donnera quelque chose à ce grand sacrifice

L'EXPÉDITIOIV

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