‹ Poésies (volume 5)Chapitre 56 sur 63 · L'ESPRIT ET LES SENS · texte numérisé non relu

L'ESPRIT ET LES SENS

Qui, le crin hérissé, se retire en arrière. Dans le fatal chemin qu'a battu la sorcière, Où l'énorme serpent aux verdâtres replis. Pour surprendre sa proie, attend sous le taillis; Fais passer devant moi quelque céleste flamme , Qui des rêves mondains désenchante mon amc , Et par un saint dégoût des choses d'ici-bas , La fasse relever alors que je l'abas : Ainsi que l'alouette aux premiers feux de l'aube, A sa couche terrestre en chantant se dérobe.

Mais peut-être, ô mon Dieu ! ton sévère secours Nous accorde des jours pour expier des jours, Et nous fait exister pour conquérir la vie. Qui jamais aux douleurs ne doit être asservie , Mais daigne cependant n'infliger qu'aux plus forts Cette épreuve au-dessus de mes faibles efforts; De peur qu'en prolongeant ma lutte expiatoire , Je ne sente expirer l'espoir de la victoire; Semblable au matelot sur les goulTres mouvans,

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