‹ Poésies (volume 5)Chapitre 59 sur 63 · CONTRE LE DEY D'ALGER · texte numérisé non relu

CONTRE LE DEY D'ALGER

Si le serpent à son oreille D'importuns sifllemens fait retentir les airs,

Retenant son noble courage , Le quadrupède, cncor tout endormi , Soulève sa crinière et pousse un cri sauvage ,

Sur qu'il n'en faut pas davantage Pour éloigner son indigne ennemi :

Mais si cet ennemi s'obstine, comme un foudre

Il part la flamme dans les yeux,

Et de ses ongles furieux Il déchire, il disperse, et laisse sur la poudre Les anneaux palpilans du reptile odieux.

L'ARABE A SOS COURSIEIl.

rîlrabc à 6on Êouiôicr

L'or des princes n'a pu suffire Pour t'arrachcr d'auprès de moi , Mais aussi qui pourrait se dire Plus ardent cl plus beau que toi?

b06 L'ARABE A SON COURSIER.

Noir, et bien plus noir que l'ébène, Ton poil uni brille pareil A.UX claires eaux de la fontaine Que frappent les feux du soleil.

Lorsque , te livrant la carrière, Je te presse de mes genoux , Mon œil charmé voit ta crinière Bondir comme un flot en courroux !

L'aigle semble avoir de ses ailes Muni tes flancs impétueux; Et le serpent dans tes prunelles A mis la flamme de ses yeux.

Ton vol est celui de l'orage.

Pour toi les airs ont une voix :

Ils bruïsscnt à ton passage Comme les traits de mon carquois.

LARABE A SON COLRSiER. 307

Sans toi nos tribus florissantes N'auraient pas un si beau destin ; Ton audace remplit leurs tentes Et de captifs et de butin.

Mais, calme à l'abri de ces roches.

Pourquoi ce prompt frémissement?

Soupçonnerais-tu les approches Du fils hardi de l'occident?

Tes naseaux hument l'air qui passe , Ton pied , rival des aquilons , Demande à dévorer l'espace , Et ton regard me dit : Allons î

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